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Vie de pacha ou modèle écolo, Federer va devoir choisir

Roger Federer est en plein dilemme. Son mode de vie accélère le réchauffement de la planète alors qu’il loue les activistes du climat.

Keystone

Mettons tout de suite les choses au point. Roger Federer est une légende internationale du tennis, un héros national suisse, un homme qui, grâce à son immense talent, son engagement et à sa volonté de fer, conservera toujours une place à part dans le cœur des Suisses.

Roger Federer, c’est aussi la classe. Rolex au poignet, il s’est construit une image de gentleman qui évite soigneusement les coups de gueule à la Wawrinka. Des polémiques, Federer en a certes connu. Mais tout a fini par glisser sur lui comme l’eau sur les plumes d’un canard.

Federer en terrain inconnu

Seulement voilà, rien n’est éternel. Roger Federer vient de s’aventurer sur un terrain glissant et inhabituel pour lui: celui de la politique. De la politique climatique pour être précis. Les faits? Des activistes climatiques dénoncent les investissements de Credit Suisse dans les énergies fossiles et la complicité muette de Federer, qui touche 2 millions par année de la banque. «Réveille-toi Roger», exhortent sur les réseaux sociaux les activistes dont le message est relayé par l’icône verte du moment, Greta Thunberg.

A la grande surprise de tous, Roger Federer a répondu. Et pas qu’un peu. «Je prends très au sérieux les effets et la menace du changement climatique, particulièrement quand ma famille et moi-même arrivons en Australie, qui est dévastée par les feux de brousse.» Il ajoute qu’il a beaucoup de respect et d’admiration pour le mouvement des jeunes en faveur du climat.

«Ma responsabilité personnelle»

Et Federer va encore plus loin. Il se dit reconnaissant envers les jeunes militants «de nous avoir tous obligés à examiner nos comportements et à rechercher des solutions innovantes». Il dit enfin apprécier «ces rappels à propos de ma responsabilité personnelle, comme athlète et entrepreneur» et s’engage à en tenir compte. Les réactions à ce message urbi et orbi du pape tennistique ont été largement positives. On se pâme même devant la réponse souveraine du «Maître» à Greta, la Jeanne d'Arc des écolos.

Le problème? Federer promet grosso modo de devenir un modèle de vertu sur le plan écologique. Et là, ça se complique. Car pour l’instant Federer vit plutôt à l’opposé de ce modèle. Il sillonne la planète à bord d’un jet privé, multiplie les résidences aux quatre coins du monde comme à Dubaï ou en Afrique du Sud, participe à des tournois d’exhibition dont l’utilité est plus que discutable, etc. Son empreinte écologique est assez désastreuse.

Si on ajoute à cela ses activités d’entrepreneur et de porteur de marques, cela s’aggrave encore. Il touche 6 millions par année de Netjets, la plus grosse compagnie de jets privés du monde. Il roule pour Mercedes-Benz qui n’a pas été vraiment un précurseur de la voiture verte. Et il contribue à envoyer des bouteilles de Moët & Chandon dans le monde entier pour 8 millions de francs par année. Et on ne parle même pas de tous les accessoires vestimentaires qui inondent la planète à son nom ou à celui de son sponsor, Uniqlo.

Un cauchemar écologique

Tout cela constitue un business admirable. Mais, concernant son bilan carbone, Federer est pour l’instant un cauchemar écologique. Notre héros national va donc devoir choisir. Soit il veut jouer au bon élève de la lutte contre le réchauffement climatique, et alors il doit remettre complètement en cause son mode de vie actuel. Soit il veut juste verdir un peu son business actuel, et alors il peut s’épargner les louanges aux activistes climatiques et ses engagements sur sa responsabilité individuelle à lutter contre le réchauffement.

Quelle tactique adoptera Federer? On verra. Ce qui est sûr, c’est qu’il ne va pas pouvoir jouer longtemps sur les deux tableaux. Sous peine de passer pour un Tartuffe vert de la raquette.

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