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La visite d'Ignazio Cassis à Glencore critiquée

Le ministre des affaires étrangères a visité en Zambie une mine de cuivre appartenant au très controversé groupe zougois. Il s'est dit «impressionné» par des réalisations de Glencore.

Une photo postée par Ignazio Cassis sur son compte Twitter.
Une photo postée par Ignazio Cassis sur son compte Twitter.
Twitter de Ignazio Cassis

Ignazio Cassis s'est rendu mardi dans le nord de la Zambie pour y visiter l'entreprise Mopani Copper Mines, majoritairement en main de Glencore dont le siège est à Zoug.

Cette visite suscite la controverse. En effet, ces mines sont l'objet depuis des années de vives critiques, rappelle le Tages-Anzeiger mercredi. Non seulement elles sont accusées par les habitants et les ONG de polluer l'environnement, mais en plus Glencore ne paie aucun impôt à la Zambie.

Or le chef du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) semble passer outre ces critiques, relève le Tagi. A l'issue de sa visite, Ignazio Cassis s'est en effet dit «impressionné par les efforts en faveur de la modernisation des installations et de la formation pour les jeunes», a-t-il fait savoir dans un tweet officiel.

Cette louange a fait plaisir aux responsables de Glencore. L'entreprise n'a pas manqué de relayer cette visite sur Twitter également sous la forme d'un tweet publicitaire payant, photo à l'appui de Cassis et de la délégation en gilets jaunes et casques vissés sur les têtes: «Nous avons accueilli le chef du département des affaires étrangères à notre centre de Mopani en Zambie. Le centre utilise les dernières technologies pour former étudiants et employés», relève le texte.

Interrogée, une porte-parole de l'entreprise zougoise confirme: «Nous avons été ravis de la visite d'Ignazio Cassis. Avec ce tweet, nous avons voulu montrer que l'équipe fait du bon travail sur place.»

Moment délicat

Cette visite du Tessinois tombe à un moment délicat, relève le Tagi. En effet, le Parlement débat actuellement de l'initiative «Multinationales responsables». Ce texte demande des règles contraignantes pour que les entreprises respectent les droits humains et l’environnement, aussi dans leurs activités à l’étranger. Et le National a adopté en juin un contre-projet indirect à l'initiative. En février, ce sera au tour de la commission juridique du Conseil des Etats de débattre de la question. Et les entreprises concernées tentent depuis des mois de redorer leur blason et de faire en sorte que l'initiative soit mise en oeuvre de façon modérée.

Du coup, l'attitude d'Ignazio Cassis fâche. Du côté d'Amnesty Suisse, on se dit amer. Quant au conseiller national Carlo Sommaruga (PS/GE), il est «profondément choqué». «Ignazio Cassis est ministre des affaires étrangères, pas de l'économie. Il doit donc donner la priorité aux relations politiques, à la coopération au développement et au respect des droits de l'homme. Il n'a pas à visiter une entreprise controversée», critique-t-il.

Cassis voulait voir cette mine

Son collègue Roland Büchel (UDC/SG) critique lui surtout le tweet du Tessinois, qu'il juge «pas terrible». Mais il ne remet pas en question la visite de Cassis dans les mines. Il faut toujours parler aux gens. Il est logique de se rendre sur place pour se forger une opinion.

Selon le DFAE, la proposition de se rendre à la mine est venue du département même. Mais c'est Ignazio Cassis qui a décidé au final ce qu'il voulait visiter en Afrique. Et il a pu se rendre compte sur place que Glencore investissait massivement dans cette mine controversée, selon son porte-parole.

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