Vol et agression en pleine nuit dans une villa genevoise

Fait diversQuatre individus masqués ont pénétré dans une villa de Veyrier lundi sur le coup de 3h du matin.

Veyrier compte des centaines de villas. Dans ce lotissement qui débouche sur le chemin des Marais, plusieurs pavillons se côtoient dans des jardins bien tenus.

Veyrier compte des centaines de villas. Dans ce lotissement qui débouche sur le chemin des Marais, plusieurs pavillons se côtoient dans des jardins bien tenus. Image: DR/Google

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Un jour et demi après l'agression à leur domicile, dont un couple de retraités a été victime, tôt lundi de Pentecôte, dans leur villa de Veyrier, Felice raconte son aventure avec un calme impressionnant. «Il était 3h du matin, ma femme et moi dormions à poing fermé, quand quatre individus masqués ont pénétré dans la villa en cassant la porte de la véranda.» Trente minutes plus tard, les bandits avaient quitté les lieux en emportant plusieurs centaines de francs, des montres et des bijoux.

Âgé de 73 ans, Felice n'est pas bien grand et paraît plutôt fragile. Mécanicien de formation, il a fait toute sa carrière dans une grande entreprise spécialisée dans le teflon. Est-ce d'avoir sillonné le monde pou vendre et promouvoir ce produit qui lui a forgé un caractère bien trempé? Toujours est-il qu'il n'a pas paniqué quand les bandits l'ont bâillonné puis l'on porté dans la cave où ils l'ont entravé avec les moyens du bord, des cravates une ceinture.

La porte en plastique n'avait pas résisté longtemps. Les voleurs avaient sans doute repéré que la porte fenêtre principale qui donne accès au salon restait ouverte sur la véranda. Sa fermeture est entravée par un plan incliné en contreplaqué qui permet un accès à la véranda plus aisé à l'épouse du propriétaire, qui souffre depuis plusieurs années d'une maladie neurodégénérative.

L'effraction n'a donc pas réveillé les deux septuagénaire. Les cambrioleurs ont eu tout loisir de visiter l'appartement bâti sur un étage au-dessus d'une cave et d'un garage à demi enterrés. «Je me suis seulement rendu compte de leur présence quand ils sont entrés dans notre chambre en allumant la lumière», raconte la victime. Il a alerté ce mardi la police municipale de Veyrier et la Tribune car il tient à ce que ses voisins soient sur leur garde.

«Ils m'ont maîtrisé, m'ont mis un tournevis sous la gorge – il montre sa jugulaire –. L'un d'eux m'a demandé en italien de lui donner la clé du coffre. J'ai évité de lui répondre dans cette langue que je connais et leur ai répondu en français que nous n'étions pas les propriétaires de la maison mais juste des gardiens.» Felice poursuit: «Comme je me débattais, il m'ont porté à la cave, où ils m'ont ligoté sur un lit. L'un des quatre paraissait plus violent que les autres, mais je n'ai pas vu d'arme.» Alors qu'ils continuaient à fouiller la maison à la recherche de la clé, Felice réussit à se libérer de ses liens, qu'ils ne sont pas bien serrés, et se faufile dans son garage. Il ferme la porte derrière moi et réfléchit un instant.

Alerter des voisins à 3h du matin

Que faire à une heure si matinale? De nombreux voisins sont partis en week-end de Pentecôte. «Il fallait que je trouve quelqu'un qui puisse appeler la police. J'ai donc pris le parti de sortir ma voiture de mon garage pour aller chercher de l'aide et m'y réfugier en cas de besoin, espérant que les malfrats ne feraient pas de mal à ma femme.»

Un peu plus loin, il sonne, une fois, deux fois. Rien. Il est passé 3h15 du matin. Il sonne à une deuxième porte. Rien. Il revient à la première et pèse sur la sonnette sans discontinuer. Il réussit enfin à réveiller un de ses voisins, qui alerte aussitôt la police. Il devait être 3h25 quand les secours sont arrivés. Entre-temps, les bandits avaient quitté les lieux. «J'en ai vu deux courir et traverser les champs à pied en direction du chemin des Tournettes à travers les marais de Troinex-Veyrier, à deux pas de la frontière.»

Les bandits sont partis avec de l'argent liquide, des montres, quelques bijoux, un portable et un pistolet d'alarme. Ils ont laissé les cartes de crédit sur le lit. Dans l'armoire à habit, derrière une rangée de classeurs, le coffre est là, intacte.

Enquête du Ministère public

«Voilà bientôt 35 ans que nous habitons là. C'est la première fois que nous sommes victime d'un tel cambriolage.» Heureusement une de leur deux filles a pu venir réconforter ses parents. Dans la matinée, des enquêteurs sont venus relever des indices éventuels. Les voleurs étaient masqués. Ils portaient des bonnets et des gants. Un médecin a dressé un rapport des contusions et ecchymoses.

Contacté mardi matin, le service de presse de la police est resté bouche cousue. L'affaire est en main du Ministère public, lequel promet plus d'informations dans la journée. De son côté, les gardes-frontière ont reçu l'alerte, mais ne dévoile pas leur stratégie lorsqu'un tel événement survient. Un agent de la police municipale de Veyrier est passé mardi matin, trente heures après les faits.

Créé: 17.05.2016, 16h31

Pas de contrat local
de sécurité à Veyrier

Six communes ont conclu avec l'Etat de Genève un contrat local de sécurité (CLS). Ce n'est pas le cas de Veyrier. «C'est à l'étude au niveau de l'Exécutif», dit le maire Raymond Gavillet qui n'a pas fixé de délai à cette réflexion. La commune qui héberge plus de dix mille habitants compte six agents de police municipale dont l'horaire de travail s'arrête en général à 20h. Le GPA, un prestataire privé, assure également quelques patrouilles.

Comme l'indique la Ville de Genève sur son site internet, Le contrat local de sécurité signé en 2013 vise à coordonner l’activité des polices cantonale et municipale, afin de rationaliser et d’améliorer la présence et les interventions sur le terrain de celles-ci. Dans le cas de la Ville, le CLS a pour but de lutter contre le bruit des bistrots et des bars, contre la délinquance de rue et les incivilités. Le contrat comporte aussi un volet sécurité routière. Le premier CSL a été conclu entre le Canton et Carouge au printemps 2013. (JFM)

L'assocaition Pic-Vert inquiète

«Encore une agression!» La député ex-UDC Christina Meissner, qui n'est plus secrétaire générale de Pic-Vert (fonction qui a été supprimée), mais reste une des chevilles ouvrières du comité de l'Association des propriétaires de villa s'inquiète de ces cambriolages. Même si les voleurs n'emportent au fond pas grand chose, on se remet difficilement du choc émotionnel que représentent l'intrusion de surcroît nocturne et l'agression physique. Pour faire face à ces questions, Pic-Vert a d'ailleurs mis sur pied un service de médiation au début de cette année. Le premier contact téléphonique est gratuit. Ce service qui est assuré par des professionnels traite de toute sorte de thématiques.

Pour ce qui est des propriétaires de villa de Vernier village, signale encore Christina Meissner, nous ferons le bilan de la sécurité ce jeudi 19 mai, dans le cadre de l'assemblée générale de l'Association des intérêts de Vernier village, en présence de représentants de la police cantonale et des APM. Il semble que ce genre de faits divers a heureusement diminué grâce notamment à l'opération GE_veille. (JFM)

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