Voter pour des idées, pas pour un parti

Elections fédéralesOpération Libero s'invite dans le scrutin d'octobre. L'organisation fait de candidats ses ambassadeurs pour défendre ses idées progressistes.

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C’est la mouche du coche de la politique suisse. Bien connue en Suisse Alémanique, un peu moins de ce côté-ci de la Sarine, l’organisation Opération Libero se présente comme un mouvement apolitique qui défend la société civile. Elle s’engage depuis quelques années dans les campagnes de votation, en parallèle aux partis. Sa boussole: que la Suisse reste un pays ouvert et qu’elle se réforme. Développement durable, politique climatique décidée, égalité des chances, ouverture européenne ou encore mariage pour tous font partie de son credo.

Hier à Berne, Opération Libero a franchi une étape supplémentaire. Sur une scène plantée sur une place ensoleillée de la capitale fédérale, en plein midi, ses deux coprésidentes ont dévoilé leur nouveau projet.

«Nous ne voulons pas nous contenter d’influencer la politique lors des votations, mais aussi lors des élections, annonce Flavia Kleiner. Nous trouvons que la Suisse a besoin de changements. La législature qui s’achève est une législature perdue.»

«On élit des humains»

Fustigeant les blocages rencontrés ces quatre dernières années au parlement fédéral, Opération Libero a une ambition: transcender les partis et proposer aux citoyens d’élire cet automne des idées, la promesse d’un train de réformes communes, plutôt que de simples représentants de partis. «Il y a des forces progressistes en Suisse et elles ne se trouvent pas que dans une seule formation politique», clame Laura Zimmermann. «On ne vote pas de manière dogmatique aujourd’hui. On élit des humains, pas des listes», reprend Flavia Kleiner.

Opération Libero compte ainsi labelliser jusqu’à l’automne des candidats qui s’engagent pour ses idées et les soutenir. Pour cette première étape, elle a formé une équipe de six ambassadeurs nationaux de son projet. Parmi eux, la Genevoise Sophie Buchs, candidate au Conseil national pour le PDC.

«La Suisse a besoin de personnes capables de trouver de nouvelles solutions et de nouvelles majorités. Et parfois au PDC, quand on est cette personne qui estime que toute nouvelle idée mérite d’être étudiée, c’est un peu difficile», témoigne-t-elle sur scène. En aparté, elle confie: «Ce projet m’a beaucoup plu. Je suis honorée d’y participer. Le manifeste d’Opération Libero correspond à ma vision de la Suisse et de la politique à 100%.»

S’ils s’entendent sur un socle commun et s’engagent au compromis, les ambassadeurs d’Opération Libero ne sont pas d’accord sur tout. Les lignes de fracture traditionnelles de la politique suisse – sur l’âge de la retraite ou la fiscalité – restent bien réelles.

Sans UDC… mais pas contre

Le fait de poser une sorte de label sur des candidats n’est pas nouveau. D’autres organisations – La Fédération romande des consommateurs ou celle des entreprises romandes par exemple – indiquent avant les élections le nom des candidats qui s’engagent à défendre leurs causes. «Mais ici, c’est communiqué de manière un peu différente», relève Sophie Buchs.

Maîtrisant les réseaux sociaux, Opération Libero l’a montré ces dernières années: elle peut se transformer en véritable machine de guerre. Avec pour ses candidats labellisés la perspective de séduire un électorat plutôt jeune et urbain qui ne se reconnaît pas dans la politique partisane.

Pour l’heure, les six ambassadeurs d’Opération Libero sont issus du PLR, du PDC, du PBD, des Vert’libéraux, du PS et des Verts. Si l’organisation estime représenter la société civile, il n’y a aucun candidat UDC à l’horizon. Faut-il voir dans leur projet un mouvement dirigé contre le premier parti de Suisse? «Non, répond Laura Zimmermann. Nous avons invité des candidats UDC à se joindre à notre projet, sans succès pour l’instant.» Flavia Kleiner ajoute: «L’UDC est la force politique qui s’oppose le plus à notre vision, c’est sûr. Mais notre but n’est pas d’être contre un parti, mais de faire exister la société civile.» Et la Zurichoise de citer l’engouement pour la grève des femmes du 14 juin dernier. «Nous voulons garder et faire vivre cette énergie et cette envie de changements», conclut-elle.

Créé: 28.06.2019, 19h29

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