«Vouloir affaiblir la loi sur le travail, c’est de la provocation»

PolitiqueL’USAM veut moderniser la loi sur le travail. La gauche dénonce une attaque contre le partenariat social.

Ada Marra (PS/VD) est membre de la commission de l'économie et des redevances

Ada Marra (PS/VD) est membre de la commission de l'économie et des redevances

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

La loi sur le travail est obsolète. L’Union suisse des arts et métiers veut la dépoussiérer à grands coups de libéralisme. Parmi les mesures exigées, un relèvement général de la durée maximum de la semaine de travail de 45 à 50 heures. L’USAM fait fausse route, estime la gauche. Interview de la conseillère nationale Ada Marra (PS/VD).

Comment réagissez-vous à ces revendications de l’USAM?

C’est une attaque et une provocation. Les problèmes actuels ne sont pas liés à la durée du travail, mais à tous ceux qui restent en marge de la digitalisation et de la robotisation. Sur ce domaine, l’USAM ne dit pas un mot sur la formation continue ou sur la place des travailleurs de plus de 50 ans. Aujourd’hui, un travailleur sur deux n’a pas de convention collective, et un sur 22 est considéré comme un working poor. Les voilà les problèmes prioritaires. Et ce n’est pas avec une idéologie libérale qu’on va les résoudre. Ce type de propositions n’améliore pas le partenariat social mais mène droit la confrontation sociale!

Il n’est pas question de faire travailler les gens plus longtemps, mais de façon plus flexible. N’est-ce pas justifié?

La flexibilisation arrange surtout ceux qui s’en servent. Mais les travailleurs, ce sont des êtres humains, pas des pions dont on peut se servir et se desservir. S’il y a trop de travail à certaines périodes de l’année, alors il suffit d’engager. D’ailleurs, l’USAM se contredit dans ses propos. On ne comprend pas pourquoi il faudrait déréglementer la loi sur le travail, alors que la situation actuelle permet à la Suisse de très bien se porter économiquement, disent-ils. L’USAM se vante d’ailleurs de notre taux de chômage de 3%.

Ne croyez-vous pas que la flexibilisation puisse servir les travailleurs? Pour s’organiser avec les loisirs, la famille ou éviter les bouchons aux heures de pointe.

Si c’est le but poursuivi, alors développons le télétravail, mais avec un cadre légal bien précis. L’USAM rappelle que le travail ne se fait plus uniquement au bureau, elle a raison. Mais elle ne dit pas comment doivent être comptées les heures qui se font dans le train, ou comment doivent être rémunérés les travaux effectués depuis la maison hors du temps de travail. Au lieu de simplement déréglementer la loi actuelle, il faudrait au contraire de nouvelles règles pour ces nouvelles situations.

Les revendications de l’USAM vont dans le même sens que celles de Karine Keller-Sutter (PLR/SG) et Konrad Graber (PDC/LU) au Parlement. La gauche a-t-elle les moyens de s’opposer?

Ça fait effectivement beaucoup de monde. Il faudra voir comment les syndicats se positionneront pour résister. Mais une chose est sûre, depuis le renforcement de la droite au Parlement, la pression sur les travailleurs se fait de plus en plus forte.

Créé: 07.11.2017, 12h45

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.