Qui est vraiment Greta Thunberg, la nouvelle icône de l’environnement?

ClimatL’adolescente suédoise de 16 ans est devenue le fer de lance d’un mouvement de jeunes en lutte contre la crise climatique

«À quoi ça sert d’aller à l’école si on n’a pas de futur?» Le mot d'ordre de Greta Thurnerg a été suivi par des milliers d'adolescents à travers le monde.

«À quoi ça sert d’aller à l’école si on n’a pas de futur?» Le mot d'ordre de Greta Thurnerg a été suivi par des milliers d'adolescents à travers le monde. Image: AFP

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«La vérité, c’est que nous ne faisons rien.» Greta Thunberg ne mâche pas ses mots. Arrivée mercredi à Davos pour bousculer les élites sur le réchauffement climatique, l’activiste suédoise d’à peine 16 ans s’en est aussitôt prise aux participants venus à la grand-messe économique en jet privé. «C’est un non-sens», a fermement lancé l’adolescente qui refuse de prendre l’avion et privilégie le train. Greta Thunberg est cash. Elle est en colère. Et partout où elle passe, elle le fait savoir.


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Son premier fait d’armes remonte à l’été dernier. On suffoque en Suède. Les vagues de chaleur se succèdent. Des incendies sans précédent ravagent des milliers d’hectares de forêt, du jamais-vu dans ce pays scandinave. C’en est trop pour la collégienne, qui se lance le 20 août dans une «grève de l’école pour le climat».

Refus d’aller à l’école

Assise des heures durant devant le parlement suédois, l’adolescente exige que le gouvernement réduise les émissions de carbone comme prévu par l’accord de Paris. «À quoi ça sert d’aller à l’école si on n’a pas de futur?» Son refus de se rendre en classe ne relève pas du caprice, mais d’une prise de conscience de la part d’une jeune fille qui ne se contente pas, comme ses professeurs le lui ont conseillé, de couper l’électricité ou de moins consommer de papier.

La Suède n’est pas le plus mauvais élève en matière de respect de l’environnement. Mais pour la militante écolo, son pays «n’est pas un modèle. La population suédoise émet chaque année onze tonnes de CO2 par habitant», écrit-elle dans un blog. Et «nous sommes le huitième pays le plus pollueur au monde selon WWF», ajoute-t-elle.

Mouvement mondial

Après quinze jours de grève tenus malgré les pressions de ses parents, la militante allège son dispositif. Dorénavant, elle fera l’école buissonnière tous les vendredis pour poursuivre son sit-in sur le pavé, en distribuant des tracts. Et sa démarche fait rapidement des émules. Des élèves du monde entier vont lui emboîter le pas. En trois mois, la petite Suédoise au visage poupin devient un phénomène sur Twitter, où elle compte des centaines de nouveaux abonnés chaque jour. Son hashtag #FridayForFuture se propage à la vitesse de la lumière. Tant en Scandinavie qu’en Allemagne, aux Pays-Bas, au Royaume-Uni, en Australie ou encore en Suisse, où plusieurs milliers d’écoliers, apprentis et étudiants ont défilé dans les rues.

Vedette de la COP 24

Très sollicitée, elle enchaîne les débats et les meetings pour parler de son engagement. Début décembre, elle impressionne avec un discours aussi passionné qu’argumenté lors de la 24e conférence des Nations Unies sur le climat à Katowice, en Pologne. «La biosphère est sacrifiée pour que certains puissent vivre de manière luxueuse. C’est la souffrance de nombreuses personnes qui paie le luxe de quelques autres. Si les solutions au sein de ce système sont impossibles à trouver, alors nous devons changer de système», déclare-t-elle. Quelques jours plus tard, le «Time magazine» la cite comme l’une des 25 adolescentes les plus influentes du monde.

Profonde dépression

La préoccupation de Greta Thunberg à propos du changement climatique ne date pas d’hier. Depuis l’âge de 8 ans, elle ne cesse d’interpeller ses parents sur le sujet. Sa mère est la chanteuse d’opéra Malena Ernman. Son père est l’acteur Svante Thunberg, de la famille de Svante Arrhenius, le chercheur suédois qui a obtenu le Prix Nobel de chimie en 1903 pour avoir théorisé les conséquences des gaz à effet de serre sur la température terrestre. La petite a de qui tenir.

Dans un livre publié au printemps, le couple évoque son engagement en faveur de l’écologie, mais aussi la dépression de sa fille à l’âge de 11 ans, diagnostiquée Asperger, un syndrome autistique que la jeune fille considère aujourd’hui comme un cadeau qui lui a permis d’ouvrir les yeux sur la crise climatique.

La gamine ne lâche rien, elle arrive à convaincre ses parents de ne plus manger de viande, d’installer des panneaux solaires et de cultiver un potager. En 2015, ils passent à la voiture électrique. Dans la foulée, Malena Ernman fait un pas supplémentaire. En annonçant qu’elle ne prendra plus l’avion – source de trop de pollution – l’artiste abandonne sa carrière internationale.

Lucidité déconcertante

L’ado suédoise se dit sans illusions sur l’écho que son message peut trouver à Davos, où les discussions récurrentes sur l’environnement ne sont que rarement suivies d’effets. Les responsables économiques et politiques «savent exactement quelles valeurs inestimables ils ont sacrifiées afin de continuer à gagner des sommes d’argent inimaginables», a déclaré Greta Thunberg, qui a décidément la tête bien vissée sur les épaules.


Comment Greta Thunberg inspire les Vaudoises?

Créé: 25.01.2019, 10h34

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