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Un documentaire à bosseSur la piste d’un drôle de zébu

Le Delémontain Claude Stadelmann suit l’animal totem de Madagascar. Bœuf, vache ou taureau? La bête à cornes hante le quotidien de la Grande Île. Et pond même un œuf rarissime.

Les zébus, ou «omby», ou encore «barea», peuplent la terre rouge de Madagascar depuis des millénaires.
Les zébus, ou «omby», ou encore «barea», peuplent la terre rouge de Madagascar depuis des millénaires.
SIGNE PRODUCTION/DR
Symbole de richesse, le zébu n’a pas la dimension sacrée des vaches en Inde. Et chaque parcelle de son corps sera utilisée par l’homme, jusqu’à son esprit.
Symbole de richesse, le zébu n’a pas la dimension sacrée des vaches en Inde. Et chaque parcelle de son corps sera utilisée par l’homme, jusqu’à son esprit.
SIGNE PRODUCTION / DR
La bosse du zébu ne contient que de la graisse et de l’eau mais vaut de l’or. Des voleurs de troupeaux sévissent sur la Grande Ile, n’hésitant pas à tuer pour s’emparer des précieux bestiaux,
La bosse du zébu ne contient que de la graisse et de l’eau mais vaut de l’or. Des voleurs de troupeaux sévissent sur la Grande Ile, n’hésitant pas à tuer pour s’emparer des précieux bestiaux,
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Drôle de zébulon que Claude Stadelmann, cinéaste delémontain qui bricole depuis les années 1980 dans le septième art suisse. Auteur d’une quarantaine de productions, de l’adaptation du «Derborence» de Ramuz à de belles échappées documentaires, l’excentrique, 75 ans, se passionne pour Madagascar, et plus spécialement pour son animal fétiche. «Omby», zébu en dialecte local, veut recouvrir toutes les réalités du peuple malgache, en scrutant la bête du bout des cornes à la queue en grattant sous ses sabots cette terre rouge typique.

Tout sur le zébu

De nos jours, sortir un long métrage consacré au zébu relève sans doute de la dernière extravagance. Le cinéaste s’applique avec le plus grand sérieux à démontrer le contraire. Tout est bon dans cet animal qui, depuis la nuit des temps malgaches, suscite l’envie, l’adoration et la terreur. Sacrifiée lors des rites de passage, circoncision, mariage, funérailles, etc., la bête, symbole de richesse sociale, est traquée depuis dix ans par des trafiquants mafieux qui parasitent la vie sociale et accumulent les crimes les plus sordides.

Étalé de 2013 à 2016, ne cachant ni ses petits moyens ni ses grosses maladresses, le tournage capte une symbiose quotidienne entre l’homme et l’animal. Aux considérations ethnologiques, artistiques ou socio-économiques s’ajoute la trame d’un quasi-thriller. Claude Stadelmann est en effet tombé sur un reporter français qui mène l’enquête sur les Dahalos, ces si dangereux détrousseurs de troupeaux.

Spirales narratives

Longtemps domine ainsi le récit d’une transhumance de plus de 700 kilomètres, durant près de cinquante jours, des grands marchés de zébus du pays à la capitale Antananarivo. Les histoires se juxtaposent, des spirales narratives se développent, créant des secousses comme des ornières dans le récit, des trouées dans l’horizon infini aussi. Une énigme demeure: d’où vient l’œuf de zébu, poilu comme un oursin, exhibé au milieu du film?

Docu (CH, 77’, 16/16) Cote: XX

Lausanne, Bellevaux; Vevey, Rex (15 juil.); Genève (16 juil.); Aigle, Cosmos (17 juil.).