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Mesures anti-CovidSuspense autour du «Black Friday» et des nocturnes de fin d’année

C’est toujours un sujet sensible, et ça l’est encore plus cette année. À la veille des ouvertures prolongées, syndicats, petits et grands commerçants, ont les yeux tournés vers le Canton. Face à des Fêtes qui promettent d’être à risque, il serait tenté d’intervenir.

Lausanne – 17 décembre 2010 – Nocturnes à Lausanne.  Ambiance dans les rues lausannoises. © Chris Blaser.
Lausanne – 17 décembre 2010 – Nocturnes à Lausanne. Ambiance dans les rues lausannoises. © Chris Blaser.
VQH

D’ordinaire, le coup d’envoi du rush commercial des fêtes de fin d’année se prépare des mois et des mois à l’avance. Cette année, c’est moins de dix jours avant que la totalité des représentants de la branche et les syndicats ont été convoqués par le Canton.

Le Conseil d’État a pour rappel déclaré l’état de nécessité début novembre, disposant de suffisamment de compétences légales pour faire ouvrir ou fermer n’importe quelle activité sur sol vaudois pour motifs sanitaires. Il aura peu de temps pour trancher si la présence de milliers de clients, stressés, dans les magasins et dans les rues, les bras chargés de paquets, de champagne à prix cassé et de morceaux de dindes, doit ou non être légiférée en urgence au regard de la pandémie et des impératifs économiques. La fin d’année, c’est la période à ne pas manquer pour nombre de magasins qui font 30 à 40% de leurs chiffres annuels.

Première échéance: le «Black Friday», cette grand-messe des rabais d’origine anglo-saxonne, prévue le vendredi 27 novembre. À l’heure actuelle, seuls Yverdon et son syndic Jean-Daniel Carrard, qui ont fait de ce «coup de pouce en faveur du commerce de proximité» un véritable combat local depuis des années, ont déjà prévu une extension des horaires des commerces à 20 h.

«Le personnel de vente est en première ligne depuis le début. Il n’y a aucune raison pour les exposer encore plus»

Giorgio Mancuso, Responsable du secteur chez Unia

Le Canton pense-t-il intervenir sur la décision communale ou sur les échoppes qui fourbissent leurs affiches? Silence. Le Département de l’économie et celui de la Santé tergiversent, et laissent l’état-major cantonal de conduite rappeler l’importance des gestes barrières en attendant une prochaine décision de l’Exécutif politique vaudois.

«Les discussions avec les partenaires durent depuis trois semaines, résume Jean-Christophe Sauterel. Évidemment que dès qu’il y a une concentration de personnes dans un endroit, il y a un risque. Il a été identifié. Nos contrôles des mesures demandées par le Conseil d’État dans les zones de port du masque et dans les commerces montrent que la grande majorité joue le jeu. Le cas échéant les autorités prendront les décisions nécessaires.»

Responsable du secteur chez Unia, Giorgio Mancuso s’agace. «Ce n’est pas du syndicalisme mais du bon sens: en pleine deuxième vague, est-ce qu’on a vraiment besoin de prendre des risques d’empoignades à l’ouverture des magasins ou de voir des gens qui se ruent sur une seule ville parce qu’il y a du 70%?!» Il poursuit. «Le personnel de vente est en première ligne depuis le début. Il n’y a aucune raison pour les exposer encore plus. Le Covid ne doit pas servir de prétexte pour décrocher l’heure supplémentaire de fin de semaine que les grandes enseignes réclament depuis des années.»

Le syndicat ne s’oppose toutefois pas aux traditionnelles nocturnes de fin d’année, si encadrées d’un dispositif sanitaire suffisant.

La perspective du «Black Friday» sert en tout cas déjà de tribune à ses détracteurs (lire ci-dessous), y compris et surtout cette année pour la Fédération romande des consommateurs. «Élargir les horaires, c’est toujours créer des concentrations supplémentaires. C’est le contraire de ce qu’on cherche de faire depuis des semaines, souligne la secrétaire générale et conseillère nationale Sophie Michaud Gigon. Il vaudrait mieux tout faire pour que les gens puissent fêter Noël en famille, entre amis, en petit groupe dans des restaurants, plutôt que d’essayer à tout prix de maintenir une journée marketing.»

Vers des nocturnes étalées?

Directeur de Payot et du Trade Club, Pascal Vandenberghe, plaide en faveur d’une responsabilisation des clients. «Une campagne globale a été lancée lundi pour inciter à faire des achats locaux, et surtout de manière anticipée pour ceux qui peuvent.»

Une façon de sensibiliser, mais aussi de militer pour des horaires élargis en fin d’année afin de répartir les flux de clients. Le Canton l’avait déjà décrété en mars, faisant fermer les magasins à 20 h. Une mesure inutile selon Unia, alors que, utilisant leur marge de manœuvre communale, plusieurs villes, dont Lausanne, ont déjà fixé plusieurs nocturnes à 22 h la semaine précédant Noël.

«Il faudrait vraiment que ce soit uniformisé et concerté, enchaîne Pascal Vandenberghe. Peut-être sur 3-4 jours et jusqu’à 20 h, afin de mieux absorber la clientèle mais aussi de prendre soin des collaborateurs. Il y a un équilibre à trouver.»

Il devrait être au menu des discussions du Conseil d’État ce mercredi.

4 commentaires
    Painlong

    Le Conseil fédéral devrait reprendre la main et tout annuler.Black freiday une connerie qui ne vient même pas de chez nous. Stop avec ces âneries.