Presque une surprise, cette nouvelle baisse de taux de la Banque nationale suisse. L’institut monétaire à réduit à 1,25% ses taux directeurs. Aujourd’hui, les craintes inflationnistes issues de la pandémie et de la guerre en Ukraine s’éloignent. Et c’est la croissance qu’il faut sauver.
Sur le départ, le président de la BNS tire ainsi sa dernière cartouche. Les indicateurs d’activité économique sont faibles, la production industrielle stagne et le chômage montre des signes de hausse dans le pays. Il faut mettre de l’huile dans les rouages. Car la croissance économique ne devrait pas dépasser 1% cette année.
Presque un retour en arrière pour Thomas Jordan. Lors de la dernière décennie, ce dernier a soutenu l’économie suisse en mettant en place la politique des taux négatifs. Cette stratégie avait pour but de soutenir la croissance en limitant la hausse du franc (qui fragilise les sociétés exportatrices du pays) et de lutter contre la déflation (les baisses des prix poussent les ménages à repousser leurs achats, ce qui pèse sur la conjoncture). Le succès a été au rendez-vous.
La BNS a très vite changé son fusil d’épaule après le coronavirus et le conflit avec la Russie, qui a engendré une envolée du prix de l’énergie et des biens. Elle a même été la première des grandes banques centrales à relever ses taux pour lutter contre la menace inflationniste. Avec succès, à nouveau.
L’histoire se répète. C’est aujourd’hui l’envolée du franc qui menace de nouveau. Il devient urgent de rendre les placements en francs moins attractifs, d’où cette baisse des taux d’intérêt de la BNS. Car le franc reste la valeur refuge par excellence et les incertitudes politiques vont croissant en Europe et aux États-Unis. Thomas Jordan en est conscient.
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Édito – La BNS se bat contre la crise qui menace
Sur le départ, le président de la banque centrale, Thomas Jordan, réduit les taux pour mettre de l’huile dans les rouages de l’économie suisse.