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Tournage en Suisse romande
La chasse aux séries n'est pas une «espèce menacée»

Le réalisateur Bruno Deville (manteau) et ses trois actrices principales, Rebecca Balestra (g.), Emilie Charriot et Tiphanie Bovay-Klameth, sur les lieux de tournage valaisans d’«Espèce menacée», en août dernier.
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Oubliez «L'agence Labricole», «Carnotzet» et «Les Pique-Meurons»! Quoique… Les points communs entre les séries pionnières (on disait alors feuilletons) «made in RTS» et la production actuelle sont plus nombreux qu'on ne le croit: décors locaux, touche humoristique, sujets sociétaux «concernants», écriture et jeu confiés à des plumes et des tronches du paysage romand, bon accueil du public…

Seul le tempo a changé: depuis quinze ans, conformément à sa politique revendiquée de créations originales et face à la concurrence croissante de Netflix et consorts, la filiale romande de la SSR a maintenu une attention soutenue, voire croissante dans un contexte d'économies, à la fabrication de «ses» séries. Elle les diffuse à la moyenne de 2 à 3 œuvres par an, alors qu'une quinzaine de projets se travaillent en coulisse afin d'alimenter la RTS et sa plateforme Play Suisse en fictions bien de chez nous.

Début 2023, ce sont les six épisodes d'«Espèce menacée» qui ont obtenu le «go». Le pitch: dans une station de ski menacée par l’effondrement d’un glacier dû au réchauffement climatique, la «pause conjugale» de Tiffany et Victor va se trouver profondément chamboulée. Une série au ton comico-militant, coproduite par Rita Productions, à Lausanne, interprétée notamment par Emilie Charriot et Vincent Veillon, écrite par Léo Maillard, Marina Rollman et Bruno Deville. Ce dernier est aussi à la réalisation. En août, il bouclait cinquante jours de tournage au pas de charge dans les montagnes valaisannes d'Anzère (lire encadré). Le Belge diplômé de l'ECAL en est à sa troisième série pour la RTS.

Vous avez réalisé votre première série en 2009: qu’est-ce qui a changé depuis?

Les équipes se sont complètement professionnalisées, une industrie s’est développée. On «sait» tourner une série désormais, à tous les niveaux: régie, équipe caméra et son, écriture, montage, on voit qu’on a l’habitude. En 2010, c’était du bricolage, les équipes techniques avaient l’unique uexpérience des plateaux de cinéma, de ses contraintes et de ses rythmes propres.

Justement, quelles sont les différences entre les exigences d’un long métrage et d’une série télévisée?

L’acceptation du projet, d’abord. Il y a beaucoup plus de possibilités notamment financières dans le domaine de la série. Espérer faire son film, cela implique à mon sens une somme gigantesque de temps, d’énergie et de ténacité à investir, à toutes les étapes. Il faut convaincre que l’on va se démarquer et frapper un grand coup dans ce qu’on raconte et ce qu’on montre. Dans la série, les forces financières sont plus accessibles, les options de diffusion plus nombreuses.

Et les tournages plus confortables?

Pas vraiment, car le rythme est beaucoup plus serré. Pour mon film «Bouboule» (ndlr: en 2014), j’avais quarante jours de tournage à disposition pour un long métrage de 84 minutes. Pour «Espèce menacée», nous avons eu cinquante jours pour six fois 52 minutes, soit 312 minutes. Il faut apprendre à composer avec cette exigence: rien ne se perd dans une série, même dix minutes de pause peuvent permettre de tourner un plan. On improvise un peu moins, il faut que tout soit très écrit avant le début du tournage.

À ce titre, le tournage à la montagne d’«Espèce menacée» fut-il un challenge?

C’est une série ambitieuse, qui veut jouer à la fois sur les changements entre les personnes et les changements climatiques, avec tout de même beaucoup de scènes d’aventures et d’action en extérieur. Nous avons pu tout tourner, mais c’est vrai qu’il est beaucoup plus facile d’imaginer une scène d’extérieur depuis un bureau à Genève que de la filmer à 2600 mètres d’altitude, quand on reçoit un orage sur la figure.

La demande toujours croissante en séries induit-elle une perte de la qualité artistique, un «usinage» de la production?

Je ne crois pas. Il y a des séries d’auteur très fortes qui sont financées comme des longs métrages et mobilisent des cinéastes prestigieux – je ne serais pas étonné que Tarantino en fasse une. Et il y a une offre moins exigeante. On allume Netflix et il y a le pire et le meilleur, exactement comme à l’affiche d’un multiplexe de cinéma.

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