AboAttaque à la TuilièreTrente-six mois ferme pour avoir lardé son voisin de coups de couteau
L’un des protagonistes d’une sanglante bagarre en milieu carcéral vient d’être jugé. Il sera en outre expulsé du territoire durant dix ans.

«Le fait que le prévenu se soit emparé d’objets qui ne sont pas destinés à trancher la chair humaine mais qu’il y soit quand même parvenu montre qu’il a dû user d’une force considérable», relève la présidente du Tribunal de La Côte. Les objets en question? Des couteaux de plateau-repas à bouts ronds et des ciseaux pour se tailler la barbe.
Des «armes» dont s’est emparé un ancien prisonnier de la Tuilière, un jour de 2017. Ce ressortissant de Somalie n’avait pas supporté que son voisin de cellule fasse voler dans les airs sa radio, lassé par le tapage constant. Les blessures causées durant la sanglante bagarre entre les deux détenus sont restées sans gravité, mais «l’acharnement» du prévenu, sa «dangereuse absence de self-control» et sa «volonté de s’en prendre à son codétenu de manière grave» ont fait pencher la Cour en sa défaveur.
Mercredi, l’homme escorté et menotté est aussi accompagné d’un interprète. C’est donc avec un peu de retard sur le reste de l’assemblée qu’il reçoit son verdict. Il écope de 36 mois de peine privative de liberté – la peine requise par le Parquet – pour divers chefs d’accusation: lésions corporelles graves, lésions corporelles simples qualifiées et séjour illégal.
Expulsion du territoire
En outre, ce père de famille de 37 ans, désormais installé au Portugal, sera expulsé du territoire pour une durée de dix ans. «Il ne présente aucun lien avec la Suisse, justifie la présidente. L’intérêt public à tenir ce délinquant éloigné prime sur un quelconque intérêt personnel.» Confronté au jugement, l’accusé ne sourcille pas; son visage inexpressif le rend impossible à cerner.
Son voisin de bagne – l’autre protagoniste de l’affaire – est quant à lui absent. Parti vivre à l’étranger, il avait choisi de retirer sa plainte. Il disait avait «tourné la page» et espérait que son agresseur fasse de même et retrouve un semblant de sérénité. Une sagesse qui contraste avec le comportement du prévenu, tel que le décrit la présidente: «Depuis le début, celui-ci n’a nullement pris conscience de ses actes et ne s’est jamais remis en cause.»
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