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Compétition dansée à distanceTriplé masculin en tête d’un Prix de Lausanne réalisé par vidéos

Le Portugais Antonio Casalinho rafle le 1er prix d’une édition qui s’est tenue par écrans inter­posés et performances enregistrées.

Antonio Casalinho a remporté cette édition un peu particulière où les écrans ont obnubilé les jurés du Prix de Lausanne.
Antonio Casalinho a remporté cette édition un peu particulière où les écrans ont obnubilé les jurés du Prix de Lausanne.
NIKITA ALBA

«Antonio Casalinho a été confiné chez lui pendant des mois sans perdre de sa détermination.»

Kathryn Bradney, directrice du Prix de Lausanne

Trois garçons accaparent cette année le palmarès de la vidéo-édition du Prix de Lausanne. Le fabuleux Portugais Antonio Casalinho, 17 ans et demi, rafle à la fois le 1er prix et le prix d’Interprétation contemporaine. L’Égyptien Luca Abdel-Nour, bientôt 18 ans, triple la mise avec le 2e prix, le prix du Public web ainsi que le prix du… Meilleur Suisse. Luca étudie en effet à la Tanz Akademie de Zurich. Quant au Brésilien Andrey Jesus Maciano, 16 ans, il décroche le 3e prix et celui du Meilleur jeune talent. Suivent une Coréenne de 17 ans, ainsi qu’un Japonais et une Canadienne, de 18 ans tous deux.

Du live streaming à la vidéo

La pandémie aurait pu être fatale au concours. Opérant depuis cinq ans sur les réseaux sociaux avec live streaming quotidien au fil des épreuves, il a su s’adapter à une édition virtuelle. N’étaient présents à Lausanne que les neuf jurés. À charge pour eux d’évaluer, sur la base de vidéos, les 78 candidats présélectionnés, de onze nationalités. Clairemarie Osta, directrice de la danse classique à l’école du Ballet royal suédois, détaille le processus: «Il nous appartenait, à nous jurés, de voir qui est l’artiste derrière la prestation enregistrée. Le tournage dans un studio en lieu et place de la performance sur scène est à la fois un avantage et un désavantage. Les concurrents peuvent recommencer et n’ont pas à gérer le stress. À l’inverse, ils ne bénéficient pas de cette adrénaline qui accompagne la métamorphose de l’artiste sur scène.»

N’a-t-elle pas été gênée par des plans très larges qui ne permettent pas de voir les expressions du visage? «Évidemment, on a besoin de voir les danseurs évoluer dans l’espace, mais j’aurais aimé parfois les voir de plus près. Heureusement, nous disposions d’un immense écran.»

Les membres du jury de cette 49e édition du Prix étaient bien réunis à Lausanne, mais pas les danseurs qui avaient chacun enregistré des vidéos en lieu et place de leur performance.
Les membres du jury de cette 49e édition du Prix étaient bien réunis à Lausanne, mais pas les danseurs qui avaient chacun enregistré des vidéos en lieu et place de leur performance.
DENIS BALIBOUSE/REUTERS

Associant live streaming et Zoom, la finale de samedi a permis de partager l’émotion des lauréats à leur domicile. S’agissant d’Antonio Casalinho, 1er prix, Kathryn Bradney, la directrice, ne cache pas son soulagement qu’en dépit de la situation sanitaire il ait pu poursuivre son entraînement. «Il a été confiné chez lui pendant des mois sans perdre de sa détermination.» Autre motif de satisfaction, l’audience internet. Les quatre premiers jours de sélection totalisent 500’000 vues sur ArteConcert, Facebook et YouTube. S’y ajoute le million et demi de vues du réseau chinois Tencent. Et la finale compte plus de 60’000 vues (348’000 en Chine), chiffre en augmentation constante grâce au replay (sur ArteConcert).