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Un accident ferroviaire survenu à Bavois finit au Tribunal

Un automobiliste avait perdu la vie en octobre 2011 à Bavois, après avoir basculé avec son véhicule sur les voies CFF.
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«Cette rampe d'accès au quai de la gare ne posait aucun problème de sécurité. Je n'ai jamais envisagé qu'une voiture puisse l'emprunter.» Un ingénieur en génie civil comparaissait mardi devant le Tribunal d'arrondissement de la Broye et du Nord vaudois, à Yverdon-les-Bains. Tout comme un ex-chef de projet des CFF. Tous deux sont accusés notamment d'homicide par négligence. En automne 2010, ils étaient en charge de travaux de réaménagement de la gare de Bavois. Un an plus tard, un automobiliste perdait tragiquement la vie en empruntant une rampe élargie durant le chantier.

Les faits remontent à octobre 2011. Un lundi vers 20h, un conducteur de 74 ans, parti du centre de Bavois, cherche la gare de la localité du Nord vaudois. Sans s'arrêter à la hauteur du parking de la station, cet habitant de Mathod contourne une glissière de sécurité, passe sur la fameuse rampe, atteint le quai et voit les roues avant de son véhicule basculer sur la voie du train côté Alpes.

Frein d'urgence activé

Au même moment, un InterCity circulant en direction de Lausanne surgit à près de 140 km/h et heurte de plein fouet le véhicule malgré le déclenchement d'un frein d'urgence. Le véhicule est projeté à une vingtaine de mètres, de même que l'automobiliste, qui se tenait à côté. Les secouristes ne pourront que constater son décès.

La population de Bavois, de même que ses autorités, qui jugeaient à l'époque que la signalisation aux abords de la station CFF était appropriée, sont ébranlées par ce terrible accident. Comment cet automobiliste a-t-il pu se retrouver sur les rails? Des transformations entreprises à la gare de Bavois quelques mois plus tôt sous la direction des deux prévenus en sont peut-être la cause, estime aujourd'hui le Ministère public.

Des expertises divergentes

En effet, la rampe d'accès piétonne a notamment été élargie, côté village, passant de 1,5 m à 3,3 m. Selon l'acte d'accusation, les prévenus ont toutefois négligé d'examiner l'aménagement de ce passage du point de vue de la sécurité de l'accès aux quais. L'ex-employé de l'ancienne régie fédérale aurait également manqué d'informer ses supérieurs de ces modifications, lesquelles n'avaient pas été approuvées par l'Office fédéral des transports.

«La séparation entre la route et la halte de la voie est insuffisante au moment de l'accident. Le panneau d'interdiction de circuler, posé au milieu de la voie d'accès après l'accident, aurait pu être installé directement après les travaux», a estimé l'auteur d'une expertise réalisée en cours d'enquête. Un point de vue contredit par une contre-expertise. «Le passage d'un véhicule léger entre le quai et le parking est possible, mais la séparation est suffisante, affirme l'autre expert mandaté. Par ailleurs, l'élargissement de la rampe constitue une adaptation mineure par rapport à l'ensemble du chantier.»

«Pas une autoroute»

Une version des faits battue en brèche par le procureur Christian Maire, mais à laquelle les deux prévenus se raccrochent. «Nous n'avons pas construit une autoroute qui mène directement au quai. Le but était notamment de faciliter la réalisation des travaux pour les machines», réagit l'ex-chef de projet des CFF. Aucun élément de sécurité n'est cependant mis en place par la suite à cet endroit. Le quadragénaire rétorque qu'une visite sur les lieux, une fois les aménagements terminés, n'avait pas soulevé d'inquiétude. «Le travail fait était correct et juste», assure le prévenu, qui dit avoir été très marqué par l'accident.

De leur côté, les enfants du défunt, qui se sont constitué partie plaignante, sont toujours bouleversés par cette disparition brutale. Devant la Cour, la fille du disparu confie que «mon papa est toujours là pour moi. On n'arrive pas à faire le deuil. C'est très douloureux.»

La lecture des plaidoiries et des réquisitoires aura lieu mercredi.