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Le 23 février 2020, tout s’arrêtaitUn an après, les stades sont toujours vides

Un ersatz de frissons fin septembre et début octobre, avec de fortes restrictions. Mais sinon, depuis si longtemps, le football est privé de spectateurs. Et vice et versa.

Le 23 février 2020, il y avait 20 265 spectateurs pour un match fou à Bâle. Mené 2-0, Servette revenait à 2-2. Ici le penalty d’Imeri pour le 2-1. Un autre match dingue avait lieu à Saint-Gall, avec ce 3-3 contre Young Boys. Cela fait un an que ces émotions ont disparu.
Le 23 février 2020, il y avait 20 265 spectateurs pour un match fou à Bâle. Mené 2-0, Servette revenait à 2-2. Ici le penalty d’Imeri pour le 2-1. Un autre match dingue avait lieu à Saint-Gall, avec ce 3-3 contre Young Boys. Cela fait un an que ces émotions ont disparu.
ERIC LAFARGUE

Cela fait un an jour pour jour que le foot se joue à guichets fermés ou presque. Fermés. Le sens premier du mot, sa froideur qui dit la porte close sur une enceinte vide, pas celle qui se referme parce que stade est plein. Le 23 février 2020, tout s’arrêtait et personne n’imaginait encore le calvaire.

Il y a eu cette pause forcée de trois mois, cette reprise ensuite pour un sprint final à huis clos. Cela a continué avec la saison 2020-2021. Un début avec 1000 spectateurs, un élargissement bref à un faible pourcentage de la capacité des stades pour deux journées et, ensuite, les grilles se sont refermées à nouveau. Elles le sont toujours.

Au début, une forme de curiosité malsaine trompait le dépit. Le football était nu, ou alors habillé de l’essentiel: un terrain, des joueurs, des arbitres. Par nécessité, c’était ça ou rien. Le vide ou le néant.

Ce qu’on a perdu

Le souvenir ému des ultimes ferveurs dit tout de l’absence. Le 23 février 2020, il y a eu au kybunpark un match extraordinaire: Saint-Gall - Young Boys. Le premier du classement contre le deuxième, 19 024 spectateurs dans l’enceinte saint-galloise, guichets fermés pour la bonne cause, une dernière fois. Ce 3-3, ce penalty égalisateur de Hoarau à la 97e, manqué, donné à retirer et réussi à la 99e. La colère verte dans les tribunes, les cris. Une tragédie grecque devant la foule. Parce que sans public, il n’y a pas de tragédie.

Ce 23 février 2020, il y a eu aussi un Bâle-Servette inouï. Après vingt minutes, les Rhénans menaient déjà 2-0. Servette aura tout inversé en seconde période, pour marquer deux fois dans le dernier quart d’heure. Quelques minutes de plus et Bâle était terrassé. Il y avait là 20 265 spectateurs, dont une belle brochette de supporters servettiens que les joueurs sont allés saluer à la fin de la partie. Un beau moment de partage. Aucun ne se doutait que c’était là le dernier déplacement à l’extérieur pour un groupe de supporters.

Tristesse infinie du présent, en comparaison. Quand Kukuruzovic a raté à la 93e le penalty de la victoire lausannoise au Stade de Genève le 31 janvier (arrêt de Frick), il y aurait eu une formidable bronca. Quand le LS a déclassé les Grenat deux semaines plus tard, avec deux buts en dix minutes, il aurait baptisé ce premier derby lémanique de la Tuilière, il aurait donné une âme à la nouvelle enceinte.

La passion étranglée

Partout, c’est l’absence. Pas de spectateurs, pas de chants, pas de cris, pas oh, pas de ah, pas de ouh, pas d’applaudissements, pas de sifflets, pas de mouvements, pas d’odeurs de saucisses grillées ou autres. Plus aucune passion.

Ficelé dans son corset de mesures sanitaires, sans doute nécessaires pour exister encore, le football suffoque. Si tant est qu’il ait pu en douter, il prend la mesure de la fracture match après match. On parle là du sport populaire par excellence. Or, sans peuple, plus de popularité.

L’avenir dira ce que le football a perdu, par-delà l’aspect financier, privé si longtemps de ceux qui, pour lui faire cortège, lui font gloire.

Alors en attendant, tout le monde croise les doigts pour qu’un assouplissement des mesures permette bientôt un retour progressif des supporters dans les stades. Avant un retour définitif. Le foot en a besoin. Cette funeste bougie d’anniversaire soufflée aujourd’hui le rappelle cruellement. Et cela vaut pour tous les sports.

2 commentaires
    ducon

    Bon j'en ai marre je VEUX aller au stade

    Il y a 30.000 places à la Praille, on devrait pouvoir être 3.000 à 5.000 à pouvoir entrer

    M. Berset avez-vous prévu de rembourser les abonnés ?