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CamerounUn attentat attribué à Boko Haram fait 13 morts dans le nord

Alors qu’un groupe de djihadistes attaquait la petite ville de Mozogo, une femme faisant partie des assaillants a déclenché des explosifs qu’elle portait sur elle, tuant 13 civils ce vendredi.

La région est régulièrement touchée par des attaques du groupe d’extrémistes. (photo d’illustration)
La région est régulièrement touchée par des attaques du groupe d’extrémistes. (photo d’illustration)
AFP
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Une kamikaze a tué 13 civils vendredi, dont huit enfants, dans le nord du Cameroun en faisant exploser la bombe qu’elle portait sur elle lors de l’attaque d’une bourgade par des jihadistes de Boko Haram, ont affirmé à l’AFP un policier et un chef traditionnel.

L’extrême nord du Cameroun, tout près de la frontière nigériane, est régulièrement le théâtre d’attaques de ce groupe d’extrémistes musulmans originaires du nord-est du Nigeria.

Des assaillants ont attaqué en plein milieu de la nuit la petite ville de Mozogo, en brandissant des machettes et criant «Allah akbar» (Dieu est le plus grand, en arabe), ont raconté Mahamat Chetima Abba, le lamido, ou chef traditionnel, de Mozogo, ainsi qu’un membre anonyme du comité local de défense qui tentait de repousser l’attaque.

Une femme parmi les assaillants a profité de la confusion pour déclencher les explosifs qu’elle portait sur elle au milieu de la foule des habitants fuyant pour se réfugier dans la forêt voisine, selon les mêmes sources,

«Treize civils ont péri, dont deux enfants de 4 et 5 ans ainsi que six adolescents», a assuré sous couvert de l’anonymat un responsable de la police de la région, contacté au téléphone par l’AFP. Le lamido a confirmé ce bilan, précisant qu’une femme et ses trois enfants figurent parmi les tués. Ces deux sources ont imputé l’attaque à Boko Haram.

Selon le policier, en plus de la kamikaze, un assaillant a été tué par les hommes du comité de vigilance.

«Ils sont infiltrés dans les populations, Boko Haram fait de plus en plus de dégâts ici», a déploré le lamido Chetima Abba. «Mais on dirait qu’ils n’ont plus les moyens d’attaquer en bande, armés de fusils», a-t-il poursuivi en évoquant les machettes utilisées dans l’attaque. «Ils utilisent de plus en plus des bombes artisanales qu’ils fabriquent», a conclu le chef traditionnel.

De nombreuses attaques meurtrières

Les membres de Boko Haram et d’une branche dissidente, le groupe État islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap) multiplient, ces dernières années, les attaques meurtrières contre les forces de sécurité et les civils dans l’extrême nord du Cameroun comme dans les régions limitrophes des trois pays voisins, le Nigeria, le Niger et le Tchad. Ils y enlèvent fréquemment des civils, notamment des femmes et des enfants.

L’insurrection de Boko Haram est apparue en 2009 au Nigeria avant de se propager dans les pays voisins. Depuis, plus de 36’000 personnes (principalement au Nigeria) ont été tuées, et 3 millions ont dû fuir leur domicile, selon l’ONU.

En 2016, le groupe s’est scindé en deux branches: la faction dirigée par son chef historique, Abubakar Shekau, et l’Iswap, affilié au groupe État islamique (EI).

AFP

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