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Politique d’Yverdon-les-BainsUn audit pourrait chambouler la campagne

Le dicastère du socialiste Jean-Claude Ruchet devrait faire l’objet d’un audit, demande la droite du Conseil communal, alors qu’une enquête est en cours sur un de ses fonctionnaires. Le parti à la rose est mal pris.

Jeudi soir, le Conseil communal a accepté une résolution associant trois sujets différents qui mettent à mal le PS yverdonnois.
Jeudi soir, le Conseil communal a accepté une résolution associant trois sujets différents qui mettent à mal le PS yverdonnois.
PATRICK MARTIN

Une menace d’audit plane sur une portion du dicastère de la Jeunesse et de la Cohésion sociale d’Yverdon, aux mains du municipal socialiste Jean-Claude Ruchet. En plein début de campagne pour les élections communales de 2021 et alors que le camp rose-vert compte bien reprendre la majorité politique de la deuxième ville du canton. La Municipalité devra choisir si elle joue la collégialité et la montre, ou si elle décide d’exposer potentiellement l’un des siens.

Un audit suite à la plainte pénale contre un fonctionnaire

Jeudi soir, le Conseil communal a accepté une résolution déposée par les élus Loperetti (socialiste tout juste passé Vert’libéral) et Ramchurn (UDC). Elle fait suite à la plainte pénale déposée par la Ville contre l’un de ses fonctionnaires. Ce cadre est suspecté par les autorités d’avoir abusé pendant plusieurs années de ses fonctions. Le conseiller Loperetti mentionne des «dérives».

Déposée – officiellement – à la dernière minute, la résolution associant la demande d’un audit, une cellule d’aide aux victimes et une révision des méthodes d’attribution des logements a été approuvée au terme d’un pénible débat. «Il s’agit de trois sujets différents qui nous prennent au piège, dénonce la verte Fanny Spichiger, de quoi faire dire qu’on ne soutient pas les victimes en cas de refus. Ce n’est pas comme ça qu’on traite des enjeux de fond.» Pour la gauche, pas question de lancer quoi que ce soit avant les conclusions de l’enquête menée par le Ministère public, ou de doublonner le centre Lavi d’aide aux victimes. Rien d’incompatible, a plaidé, en face, Maximilien Bernhard. Le PLR et l’UDC l’ont emporté par 34 oui, 30 non, mais surtout 17 abstentions réparties dans les deux camps.

«Il est parfaitement possible que l’enquête fasse ressortir assez d’éléments pour rendre un audit non nécessaire.»

Jean-Claude Ruchet

Pour les élus, la question est aussi de savoir qui savait quoi dans le dicastère, et depuis combien de temps. L’affaire est désormais également politique. Jean-Claude Ruchet et son dicastère ont déjà été la cible du parti agrarien durant la législature. Ce dernier est désormais bien décidé à fragiliser le sortant, a priori candidat à sa réélection, ainsi que son parti, le plus possible en vue des élections auxquelles se présente l’UDC Pascal Gafner. C’est aussi l’occasion d’intervenir sur la gestion du parc locatif de la Ville, vieux dada de la formation.

La Municipalité, à majorité PLR, devra se pencher mercredi prochain sur la question. «Je suis serein, réagit Jean-Claude Ruchet. Les choses ont été faites correctement et des réflexions sont déjà en cours sur les méthodes d’attribution des dossiers par exemple. Mais il est encore trop tôt pour faire des commentaires. Il est parfaitement possible que l’enquête fasse ressortir assez d’éléments pour rendre un audit non nécessaire.»

À voir. «Il va falloir qu’on se renseigne, nuance le syndic Jean-Daniel Carrard. A priori, nous avons un ordre du Conseil et pas le choix. S’il y a effectivement un problème quelque part il ne doit pas prendre le dessus sur le contexte, électoral ou non. De toute manière il s’agit de déterminer s’il y a une faille dans le système d’un de nos services, ou non, pas de lancer quelque chose contre un collègue.»

«On est prêts à s’engager à fond dans la campagne. Mais là, elle ne commence pas. Et on ne sait pas ce qu’il va encore nous tomber dessus.»

Loin des arcanes de l’Hôtel de Ville, le PS yverdonnois, scruté par ses instances vaudoises, est de plus en plus mal pris. Les camarades devront choisir cet automne s’ils relancent un municipal dont le dicastère peut être mis à mal, en pleine campagne, par un audit et une enquête, s’ils renoncent à la candidature d’un élu au fort capital sympathie («qui pourrait ne rien avoir à se reprocher», souligne l’un de ses soutiens), ou s’ils changent de stratégie d’ici-là sous pression de leurs alliés écologistes. Et tandis qu’une frange de la formation commence à s’inquiéter d’un potentiel dégât d’image quelle que soit la tournure des événements, les militants trépignent: «On est prêts à s’engager à fond dans la campagne. Mais là, elle ne commence pas. Et on ne sait pas ce qu’il va encore nous tomber dessus.»