AboUrbanisme à YverdonUn avenir coopératif se dessine à la Ferme des Cygnes
La Maison d’Ici projette de bâtir un immeuble écologique, de rénover la ferme et de les ouvrir sur la rue. Ce choix relance l’habitat coopératif en ville.

La seconde tentative aura été la bonne. La coopérative La Maison d’Ici a été choisie par la Ville d’Yverdon pour densifier la parcelle de la Ferme des Cygnes, édifice classé du XIXe siècle en mains communales. Déjà candidate en 2019, la jeune coopérative yverdonnoise (fondée en 2016) avait vu sa proposition recalée. Sauf que le projet retenu de construction de deux immeubles et treize chambres d’hôte avait été abandonné en raison de plusieurs contraintes. Notamment celle d’une bande de terrain que les CFF pourraient un jour réclamer pour construire une troisième voie.
«C’est une chance d’avoir beaucoup de contraintes sur la parcelle, car l’investisseur lambda ne s’y retrouve pas. Ce type d’habitat responsable fait défaut dans la région.»
«C’est une chance d’avoir beaucoup de contraintes sur la parcelle, car l’investisseur lambda ne s’y retrouve pas», a souligné Doris Sfar, présidente de la coopérative, relevant que «ce type d’habitat responsable fait défaut dans la région», lors de la présentation du projet remanié «Limon Tango» – évocation des alluvions de la Thièle voisine et d’une danse entre les deux bâtiments – jeudi soir à ses membres.
Ce choix de la Municipalité, parmi trois candidats, marque sa volonté de relancer l’habitat coopératif en ville, florissant dans les années 60. Elle dit se réjouir de voir se «développer un projet porteur et novateur» respectant «le patrimoine bâti et paysager du site» autant que la durabilité.
Ouvrir le site
La Maison d’Ici prévoit de bâtir dans le parc un immeuble de quatre niveaux au standard Minergie-P-Eco ou SméO en ayant recours à 30% de matériaux de réemploi ou biosourcés. Il comprendrait entre 11 et 14 logements d’utilité publique (LUP) allant d’une à cinq pièces, «à développer en fonction des envies et besoins des futurs habitants», avec l’objectif d’héberger une certaine mixité.

La ferme aux encadrements en pierre d’Hauterive et charpente remarquables fera l’objet d’une «rénovation douce» préservant sa structure. Les deux vastes appartements actuels seront rafraîchis et proposés à de «grands ménages» porteurs d’un projet. La grange attenante accueillera quant à elle une collocation pour quatre personnes. Enfin l’annexe longeant la route sera rasée aménager une place et ouvrir le site sur cet axe de mobilité douce. Le majestueux séquoia se verra accompagné de nouveaux arbres.
La Ville ne compte plus vendre la parcelle, mais établir un droit distinct et permanent de superficie, façon de procéder souhaité plusieurs fois par la majorité de gauche du Conseil communal afin de conserver une maîtrise foncière, et sur lequel le législatif doit encore se prononcer. La coopérative estime le coût du chantier à plus de 7 millions de francs pour une mise en service «optimiste» en 2026. Une convention sera signée pour qu’elle puisse occuper la ferme, désormais inhabitée, et y mener une démarche participative auprès de sa trentaine de membres pour affiner collectivement le projet.
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