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OpinionUn directeur face à la Trinité

Les défis de la nomination de Patrick Gyger à la tête de Plateforme10.

Les jeux sont faits. Une fois de plus, étonnamment, la prudence vaudoise n’a pas prévalu dans la sélection d’un responsable d’institution culturelle de la région. Après Sam Stourdzé, Vincent Baudriller et Tatyana Franck – très vraisemblablement elle-même en course pour le poste – c’est encore une fois l’audace qui a présidé au choix du directeur général de Plateforme10. À lire l’appel à candidature, il semblait plus probable de voir apparaître le profil d’un administrateur gestionnaire que d’un spécialiste de la scène artistique contemporaine au sens large.

Car il ne faut pas se laisser abuser par son passé de responsable de la Maison d’Ailleurs d’Yverdon: après dix ans au Lieu Unique, une scène extrêmement dynamique de la vie culturelle française, Patrick Gyger ne peut se laisser cantonner au rôle de fin connaisseur de la S.-F., ce qu’il est par ailleurs! De l’art contemporain à la musique expérimentale en passant par les arts vivants et la philosophie, le premier directeur général de Plateforme10 fait partie de ceux qui peuvent se targuer d’une vision panoramique de la création d’aujourd’hui et des réflexions qui lui sont liées.

Un atout précieux pour celui qui devra jouer une partition digne du mystère de la Trinité: amener trois musées distincts – et qui sont portés à le rester sur plusieurs aspects – à former une seule entité aux vues et à la destinée plus larges. Car maintenant que le chantier du contenant architectural arrive à terme, Plateforme10 va devoir gagner la bataille du contenu pour prétendre jouer dans la cour des grands.