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SchaffhouseUn employé d’une clinique dentaire scolaire récupérait des patients

Des écoliers qui avaient besoin de soins dentaires se faisaient transférer vers un cabinet privé pour recevoir des traitements plus poussés. Selon une enquête parlementaire publiée ce mardi, le canton a perdu jusqu’à 1,3 million de francs dans cette affaire.

Les faits remontent aux années 2009 à 2018, a indiqué mardi la commission d’enquête parlementaire. (Photo d’illustration)
Les faits remontent aux années 2009 à 2018, a indiqué mardi la commission d’enquête parlementaire. (Photo d’illustration)
KEYSTONE

L’ancien directeur de la clinique dentaire scolaire de Schaffhouse a bel et bien transféré des patients vers son cabinet privé par l’intermédiaire d’un employé. Telle est la principale conclusion d’un rapport d’enquête parlementaire publié mardi. Le canton a perdu jusqu’à 1,3 million de francs de recettes dans l’affaire.

Les faits remontent aux années 2009 à 2018. Durant cette période, un employé de la clinique dentaire scolaire débauchait des patients pour les traiter de manière plus poussée dans le cabinet privé du directeur de la clinique scolaire, où il travaillait également. Ces transferts ont entraîné un manque à gagner situé entre 600’000 et 1,3 million de francs pour l’État, conclut la commission d’enquête.

Outre le collaborateur, le responsable de la clinique scolaire a lui aussi profité financièrement de ces transferts en vendant son cabinet privé au premier nommé. L’exploitation parallèle de la clinique dentaire scolaire et d’un cabinet privé est autorisée dans le canton de Schaffhouse depuis 2003, à condition que le cabinet privé ne traite que des adultes.

L’enquête externe a trop tardé

Le rapport d’enquête parlementaire critique l’attitude de l’actuel ministre de l’éducation Christian Amsler (PLR) et celle de son prédécesseur en matière de surveillance. Leurs chefs de service et secrétaires généraux ne sont pas non plus épargnés. Aucun responsable administratif ou politique n’essuie cependant de graves reproches.

Selon la commission, Christian Amsler aurait dû mandater immédiatement une enquête externe indépendante. Lorsqu’il a pris connaissance des faits, il s’est d’abord contenté de lancer une enquête interne. Tel est toutefois le seul reproche formulé à son endroit.

Avant la révélation de cette affaire en 2018, jamais le Grand Conseil schaffhousois n’avait encore créé de commission d'enquête parlementaire. Sur le plan judiciaire, les enquêtes pénales en cours se poursuivent, indique le Ministère public schaffhousois. Elles ne seront sans doute pas encore bouclées cette année.

(ATS/NXP)