Passer au contenu principal

Sport caritatifUn exploit sur le lac aidera les enfants dyspraxiques

Carole Brülhart traversera le Léman à la nage entre Évian et Cully en compagnie de son fils, en paddle, atteint par ce trouble mal connu.

Carole Brülhart et son fils Benjamin, 8 ans, vont traverser le Léman. Elle à la nage, lui en paddle.
Carole Brülhart et son fils Benjamin, 8 ans, vont traverser le Léman. Elle à la nage, lui en paddle.
PATRICK MARTIN/24 Heures

«La dyspra-quoi?» Sur le flyer de son événement sportivo-caritatif – 14 km à la nage d’Évian à Cully le 6 septembre –, la dynamique Carole Brülhart la joue en mode léger pour faire parler d’un sujet qui ne l’est pas: la dyspraxie. Qui plus est, la question renvoie à l’association du même nom qui collaborera sur l’événement avec un stand. Celle-ci fédère, depuis 2005, les parents d’une centaine de familles confrontées au problème dans toute la Suisse romande.

Dans la famille grandissante des «dys» – dyslexie, dysorthographie, dyscalculie, etc. –, la dyspraxie affecte la coordination et les mouvements. Concrètement, l’enfant paraît lent et pour cause: ce trouble neurologique chronique et méconnu freine sa capacité à anticiper une action et l’oblige à constamment réapprendre certaines tâches comme si elles étaient nouvelles, ce qui le fatigue outre mesure.

«Le regard des autres est presque plus handicapant que le handicap en tant que tel, lance Valérie Von der Mühll, présidente de Dyspraquoi et mère d’une fille de 22 ans atteinte. On évalue entre 4 et 7% la proportion d’enfants atteints.»

Une «révolte» positive

C’est en novembre 2019 que le fils de Carole, Benjamin, 7 ans à l’époque, est diagnostiqué. «En début de 4e année, j’ai constaté que quelque chose clochait, explique cette enseignante. On me parlait notamment de troubles du comportement. Cela a occasionné des tensions avec le corps enseignant. Je l’ai même sorti de l’école quelques jours le temps le temps d’apaiser les choses avec les parents, les enseignants et la direction.»

Le diagnostic enfin posé, Benjamin entame un suivi adapté. «Sauf qu’en passant par les PPLS (ndlr: psychologues, psychomotriciens et logopédistes en milieu scolaire), il y a des mois d’attente. J’ai donc pris la voie des séances à 100-140 francs hors de l’école, non prises en charge par les caisses! Cela a été le début de ma révolte.»

Même en colère, Carole décide d’utiliser son énergie dans un projet sportif pour sensibiliser le public: traverser le Léman, elle à la nage, Benjamin en paddle. «Les dons récoltés seront pour aider des familles qui n’auraient pas d’assurance maladie qui prendrait en charge des thérapies, reprend-elle. Moi, encore, j’ai la possibilité de m’endetter pour le bien de mon fils – et ça vaut le coup, tellement j’ai vu d’améliorations! – mais ceux qui ne peuvent pas? Leurs gamins, je les retrouve paumés au secondaire.»

Entraînements intensifs

L’entraînement a débuté en mars pour le duo. Cours de paddle pour Benjamin et cinq séances d’entraînement – nage et musculation – pour cette grande sportive et compétitrice. «On sera accompagnés et suivis par une équipe de proches, donc quatre anciens élèves qui ont proposé de faire partie de l’aventure.»

Pour Carole, la clé réside toutefois dans une meilleure prise en considération du problème à l’école et une amélioration de l’encadrement. «En milieu scolaire, on en a plein, des «dys». On connait le problème, on en parle beaucoup entre collègues, j’ai lu 50 bouquins parce que j’ai un enfant comme ça. Mais à l’heure où l’on parle d’école inclusive à tout va, il n’y a pas assez de profs suffisamment formés sur la question.»

Journée «dyspra-quoi?» le 6 septembre (reportée au 13 en cas de mauvais temps). Arrivée vers 13 h à la place d’Armes de Cully, durant le marché. Dons possibles: CCP 10-133329-0, mention «swimmdys».