Succession à MartignyUn Gianadda à la tête de la Fondation de Léonard
Le fils aîné de l’entrepreneur, mécène et collectionneur disparu le 3 décembre 2023 a été nommé à la présidence de la Fondation créée en 1978.

La Fondation Gianadda, c’est aussi sa vie, et pas uniquement parce qu’il en partage le patronyme devenu célèbre dans le monde de l’art et de ses musées. Mais François Gianadda, avocat-notaire à Martigny, l’a aussi vue se développer avant de voir le parc de sculptures s’enrichir et toutes les expositions que son père, Léonard Gianadda, y a montées. Le 22 mai, six mois après la disparition de ce dernier, il a accepté d’en reprendre la présidence.
Aviez-vous évoqué cette éventualité avec votre père, de son vivant?
Lui m’avait déjà demandé de reprendre la Fondation en mai 2023, m’assurant de l’appui de ses plus proches collaborateurs. Mais la vérité… c’est que remplacer papa m’était alors impossible. Il est donc resté président jusqu’à la fin. Puis la question s’est posée différemment. Pour y répondre, j’ai d’abord pensé à mes parents, c’était la première chose, puis à l’équipe de la Fondation, dont certains ont même repoussé leur retraite afin de continuer à la faire vivre. J’ai aussi entendu les appels des proches soutiens, dont ceux de sponsors. À 61 ans, je le fais également parce que je sais que j’aurai du plaisir tout en étant conscient de l’importance et de l’exigence de la tâche. Mais il y a aussi des acquis comme le parc de sculptures, le musée de l’automobile, les concerts.
Léonard Gianadda savait qu’il laissait des acquis. Il ne cachait pas non plus que la poursuite d’un programme d’expositions ne serait pas évidente…
C’est sûr! Mais l’équipe est composée de personnes précieuses, dont Anouck Darioli (ndlr: vice-présidente de la Fondation avec Jean-Henry Papilloud) qui faisait déjà énormément, si ce n’est tout. J’y vais aussi pour eux. Les expositions suivantes sont programmées avec cet été «Cézanne-Renoir». Après on aura aussi Francis Bacon, quelque chose d’extraordinaire mais qu’on a peut-être moins l’habitude de voir à la Fondation. Puis la collection Hammer et d’autres choses encore.

Donc on peut dire que l’avenir est assuré…
C’est vous qui le dites, vous ne me le ferez pas dire! Papa était très prudent pour ça et je le suis également. Financièrement, il a fait ce qu’il pouvait pour assurer et faire rentrer certains revenus. Et nous avons aussi des amis fidèles. Ce que je peux dire, c’est qu’il y a une expo Anker actuellement, profitez-en! On a accueilli le 50’000e visiteur la semaine dernière. C’est fantastique et touchant: le public aussi est resté fidèle.
Martigny, Fondation Gianadda, jusqu’au 30 juin, tlj (10 h-18 h). www.gianadda.ch
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