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Amérique du SudUn homme noir tabassé à mort, émotion au Brésil

Un homme noir de 40 ans est mort jeudi au Brésil, après avoir été roué de coups par des agents de sécurité blancs d’un supermarché Carrefour.

Une quarantaine de personnes ont assisté à la cérémonie à Porto Alegre.
Une quarantaine de personnes ont assisté à la cérémonie à Porto Alegre.
AFP

L’émotion était perceptible samedi à Porto Alegre, dans le sud du Brésil, à l’enterrement d’un homme noir mort après avoir été roué de coups par des agents de sécurité blancs d’un supermarché Carrefour. Une quarantaine de personnes ont assisté à la cérémonie.

«C’est une immense tristesse. Je ne souhaite cela à personne. J’ai du mal à retenir mes larmes», a déclaré le père de ce Brésilien de 40 ans tué jeudi soir, à la veille de la journée nationale de la conscience noire. «J’espère que toute l’émotion que sa mort a suscitée fera en sorte que notre société s’améliore […] que l’on enseigne les principes d’égalité sur les bancs de l’école», a-t-il ajouté.

Les images insoutenables d’une vidéo montrant la victime frappée à coups de poing par un vigile sur le parking du supermarché pendant que l’autre le tenait ont choqué le Brésil. Selon les premiers éléments de l’enquête, il a été roué de coups pendant plus de cinq minutes avant d’être immobilisé par ses agresseurs et de mourir asphyxié.

«Importer» des tensions

Samedi, au début de son discours au sommet virtuel du G20, le président brésilien Jair Bolsonaro a une nouvelle fois ignoré les graves problèmes de racisme structurel qui minent le Brésil, un pays dont plus de la moitié des 212 millions d’habitants sont noirs ou métis.

Le dirigeant d’extrême droite a mis en avant le «métissage» du Brésil et a fustigé «ceux qui veulent semer le conflit et la discorde» en tentant «d’importer» dans son pays des «tensions» raciales «qui ne font pas partie de son histoire». Vendredi, son vice-président Hamilton Mourao, avait également suscité un tollé en affirmant qu’il n’y avait «pas de racisme au Brésil».

«Nous savons à quel point il est difficile d’éveiller les consciences, parce que les ennemis du combat contre le racisme sont au pouvoir actuellement», a déclaré Matheus Gomes, élu (gauche) au Parlement de Porto Alegre, présent à l’enterrement. Vendredi soir, des manifestations réunissant plusieurs centaines de personnes ont eu lieu devant des supermarchés Carrefour à Porto Alegre et dans d’autres grandes villes brésiliennes.

ATS/NXP