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FootballUn livre en guise d’adieu à la Pontaise

Le Lausanne-Sport va disputer son dernier match dans son Stade olympique à huis clos, ce samedi, contre Lugano. Un ouvrage rendra hommage à cette vénérable Pontaise.

Le mythique Gendarme Mottaz.
Le mythique Gendarme Mottaz.
Site du Lausanne-Sport, Roland Schlaefli.


Ça devrait être une fête, ce sera finalement un enterrement de troisième classe. Le LS va jouer une dernière fois à la Pontaise ce samedi contre Lugano, devant les membres des staffs des deux équipes, des ramasseurs de balles, quelques journalistes et peut-être un ou deux VIP, congelés comme souvent, mais qui y prendront plaisir une dernière fois. Le Stade Lausanne-Ouchy va encore y évoluer, c'est vrai, mais ce n'est pas pareil. L'enceinte habitée par le Lausanne-Sport depuis plus de 65 ans méritait un autre adieu.

45’000 spectateurs pour Michael Jackson

Alors, pour que le public vaudois semi-confiné puisse tout de même faire son deuil de l'enceinte qui a accueilli 40'500 spectateurs le 17 juin 1954 lors du match de Coupe du monde entre la Suisse et l'Italie ou encore mieux, 45'000 personnes en août 1988 pour le Bad World Tour de Michael Jackson, le Lausanne-Sport a sorti un livre. Mais pas n'importe quel recueil historique avec des grandes photos et c’est presque tout, qui aiderait à s'endormir au coin du feu, non. Il s'agit davantage d'une compilation de «moments» autour de ce club ou qui se sont déroulés dans ce vénérable Stade olympique, dont on ne comprend toujours pas ce que l’«olympique» est venu faire là-dedans.

Pour conter les histoires vécues dans ce qui était en 1954 un «monstre technologique», trois hommes passés par le club à un moment ou à un autre de leur carrière - Gianluca Sorrentino, Nicolas Munier et Samuel Varone - ont assis une cinquantaine d'anciens joueurs du club - de Stéphane Chapuisat à Erich Burgener, en passant par Stefan Rehn et Frank Verlaat - autour d'une pizza et ont laissé la discussion se dérouler d'elle même, dès le mois de décembre de l'année dernière. Ils ont ensuite compilé les anecdotes les plus savoureuses dans un livre agréable, qui vaut le détour et fera un excellent cadeau de Noël.

Le livre, au prix de 29 francs, sera disponible au shop du LS, en ligne et à la boutique du Coq Sportif à Lausanne.
Le livre, au prix de 29 francs, sera disponible au shop du LS, en ligne et à la boutique du Coq Sportif à Lausanne.

Comme on a eu la chance de pouvoir le parcourir, on vous livre ici les trois plus savoureuses qu'on a repérées dans les quelque 150 pages de l'ouvrage, sans pour autant le déflorer.

1. «Le destin a très vite mis le LS sur mon chemin. Je devais avoir 7 ans et j’affrontais le LS avec les juniors du FC Bâle, où j’évoluais. À la fin du match, nous avons tous reçu comme cadeau une assiette en étain qui représentait le Stade Olympique de la Pontaise: ça me faisait rêver de me dire que c’était un stade qui accueillait les Jeux olympiques. D’ailleurs, lorsque je signe au LS en 1988, c’est l’une des premières choses qui me vient à l’esprit! Le stade qui accueille les JO devient «mon stade» et je dois dire que je déchante un peu quand je réalise qu’aucune épreuve olympique ne s’y est tenue mais que le nom vient de la présence du CIO à Lausanne.» Dominique Herr.

«Les Suisses allemands m’appelaient le tricheur de Bâle.»

Gabet Chapuisat

2. «Si nous étions menés en fin de match et que l’arbitre sifflait un coup franc en notre faveur dans notre camp, nous avions prévu un stratagème. Je devais tirer la balle arrêtée en direction de nos propres buts et Schneider devait laisser filer le ballon dans ses filets. Et si l’arbitre validait le but pour les Bâlois, nous déposions protêt! À quinze minutes du terme, le FCB mène 3-0 et nous mettons sur pied la manœuvre. Je frappe un coup franc dans la cage de mon propre portier… les 48’000 spectateurs exultent, mais l’homme en noir ne se laisse pas attraper: il sanctionne cette action d’un corner, ce qui était la bonne décision! Impossible de déposer réclamation pour notre capitaine. Après cette défaite, un de mes coéquipiers expliquera devant les caméras de TV l’objectif qui était le nôtre en jouant cette scène presque tragi-comique. Pendant de nombreuses années ensuite les Suisses allemands m’appelaient le tricheur de Bâle…» Gabet Chapuisat.

3. «On était en chambre avec Van Den Boogaard, prêts à sortir par la fenêtre pour faire le mur… quand le coach a frappé pour savoir si on était là. Allez savoir pourquoi, Erik m’a enfermé dehors et a confirmé à Bertine qu’on allait se coucher. Ça a marché, du coup on est quand même sortis. Le problème c’est que dans le premier bar où on est arrivés, on est tombés… sur le coach! Grillés, on lui a proposé de lui payer un verre mais il n’a pas voulu et nous a renvoyés à l’hôtel. On est repartis un peu penauds et puis on s’est dit, foutus pour foutus, autant sortir toute la nuit!» Frank Verlaat.

Bonus. De Georges Bregy, après que certains de ses joueurs sont sortis un peu tard lors d'un camp d'entraînement en Gambie, et qui les a amendés: «Allez chercher l'argent au Totomat!»»

4 commentaires
    Martin Reamy

    LS-Real Sociedad : restera le match le plus fabuleux que j’ai vécu à la pontaise lorsque j’étais enfant. 21’000 spectateurs LS perdait 0:2 à la mi-temps.

    J’y était avec mon père et on étais assis à côté du commentateur d’une radio Espagnol, à chaque but du Real il hurlait pendant 1 minute Goaaaaaalllllllllll goal goal goaaaalllll. Un gars super sympa.

    Après la remontée de folie du LS dans un stade chaud comme la braise et une victoire 3:2 les spectateurs chantaient et dansaient pendant au moins deux heures.

    Un match incroyable dans cette pontaise mythique. Il y a aussi eu les concerts de Michael Jackson, de Johnny Halliday, Dire Street et pleins d’autres!!!