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Prolongation des fermetures«Un mépris total et décomplexé des restaurateurs»

Une représentante du collectif Qui va payer l’addition et le président de GastroVaud ne cachent pas leur colère face aux nouvelles annonces. Ils témoignent d’une profession au bord du gouffre. Philippe Leuba abonde.

Frédérique Beauvois, gérante de la Brasserie de Montbenon et membre du collectif Qui va payer l’addition, et Gilles Meystre, président de GastroVaud.
Frédérique Beauvois, gérante de la Brasserie de Montbenon et membre du collectif Qui va payer l’addition, et Gilles Meystre, président de GastroVaud.
KEYSTONE

Trop, c’est trop! Comme l’a écrit le président de GastroVaud sur sa page Facebook, les annonces du Conseil fédéral mercredi sont pour le moins mal passées chez les restaurateurs.

Membre du collectif Qui va payer l’addition, Frédérique Beauvois n’essaie même plus de dissimuler sa colère: «Alors que nous sommes à la limite des actions de désobéissance civile, voire des désordres sociaux, le Conseil fédéral affiche un mépris total et décomplexé par rapport à notre situation. La réalité, ce sont des restaurateurs qui recommencent à boire ou à fumer. Certains sont déjà en dépression. Mais au lieu de nous verser ces indemnisations qui sont juste normales puisqu’on nous empêche de travailler, on s’assoit sur notre situation en nous faisant bien sentir que nous ne sommes qu’un dommage collatéral. Et dans un pays qui dispose de milliards en réserve en plus! On se fout de notre g…»

«Moquerie permanente»

«C’est une moquerie permanente, confirme en termes un peu plus diplomatiques le président de GastroVaud. Il y a d’abord les fuites dans la presse alémanique puis les annonces de pseudo-consultations comme aujourd’hui (ndlr: mercredi) et enfin l’annonce des décisions deux semaines plus tard, sans que l’on ait rien pu y changer.» À ce propos, le député PLR relève dans le communiqué du Conseil fédéral un détail révélateur selon lui: le temps de conjugaison utilisé pour évoquer la prolongation des mesures est le futur et non le conditionnel.

«Les gens n’en peuvent plus de cette situation, mais encore plus de cette attitude.»

Gilles Meystre, président de GastroVaud

«Les gens n’en peuvent plus de cette situation, mais encore plus cette attitude, poursuit Gilles Meystre. Soit la situation sanitaire exige que l’on ferme tout, soit on laisse les gens travailler. Mais on ne les empêche en tout cas pas de gagner leur vie sans les indemniser.» Autant dire donc qu’il soutient totalement l’initiative de GastroSuisse lancée le même jour et qui demande aux restaurateurs et à leurs employés d’écrire directement au conseiller fédéral Guy Parmelin pour lui faire part de ce qu’ils vivent.

«Amplification des moyens fédéraux»

Dans leur combat, les deux spécialistes de la restauration peuvent compter sur le soutien du conseiller d’État chargé de l’économie, Philippe Leuba: «Par rapport aux textes en consultation, nous attendrons évidemment de les recevoir avant de nous prononcer. Mais une chose est sûre: on ne peut imaginer fermer les restaurants jusqu’à fin février, et donc notamment pendant la période des relâches, sans, à la fois, une simplification drastique des procédures d’indemnisation et une amplification des moyens fédéraux. Sans cela, la branche ne pourra pas se relever.»

32 commentaires
    Liinel

    L’argent est là, a 100m du Palais Fédéral. Pour rappel, entre 2008 et 2020 la BNS a gonflé son bilan pour plus de 800...milliards dans sa lutte contre le franc fort, et un 12 ans pas trace d’inflation !

    Et ce pays n’aurait pas de quoi indemniser les bistrots, la culture, les fitness, etc. que l’on empêche de travailler (peut-être à juste titre, ou pas) ?

    C’est effectivement du f... de g...