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Editorial Un Nobel contre l’arme de la faim

«La faim dans le monde était devenue un sujet presque désuet.» Terrible aveu lâché par une porte-parole du Programme alimentaire mondial, à l’annonce du Prix Nobel de la paix 2020. La surprise des employés de l’organisation, «bras alimentaire» de l’ONU, est à la mesure du désintérêt des opinions publiques pour cette cause estampillée XXe siècle, marqué par les grandes famines des années 70, 80 et 90 sur le continent africain.

Et pourtant, plus de 100 millions de personnes dépendent aujourd’hui des distributions de nourriture du PAM. Le plus souvent dans des zones de conflit, où la faim est une arme de guerre, utilisée par les belligérants pour recruter, asservir des populations ou vider des territoires. Durant le conflit syrien, des centaines de milliers de civils assiégés dans les bastions rebelles, parfois réduits à manger de l’herbe faute de nourriture, ont survécu grâce aux rations acheminées par les convois du PAM.

Durant le conflit syrien, des centaines de milliers de civils ont survécu grâce aux rations acheminées par les convois du PAM.

Au Yémen, 12 millions de civils dépendent d’une assistance alimentaire délivrée par l’organisation. Mais malgré les efforts sur le terrain, la famine menace ce pays ravagé par la guerre. Si les États, principaux bailleurs de fonds du PAM, ne remplissent pas leurs promesses de dons, le PAM devra réduire ses distributions. Pour l’organisation, l’équation est simple: moins d’argent égale moins de rations et moins de calories par ration.

D’où l’appel du directeur du PAM, l’américain David Beasley, passé inaperçu le mois dernier. «Le seul moyen d’en terminer avec la faim, c’est de mettre fin aux conflits.» Une voix qui sera écoutée désormais. Le Nobel de la paix offre à l’agence onusienne une tribune inespérée pour mobiliser la communauté internationale, au moment où les effets économiques de la pandémie menacent d’affamer des millions d’humains supplémentaires.

19 commentaires
    CHARLES PITTET

    Un symbole d'un franc pour tous les habitants en Suisse, la Grande Genève compris. Sur votre impôt. Un Euro pour une Europe entière sur les impôts, tous les mois de l'année. En faveur de la FAIM dans le monde. Tout cette argent serait sur un contrôle permanent. Avec des vérificateurs de compte, un plus toutes les marchandises arrivées à bon port. la faim avec toutes les qualifications de notre temps, nous aurions une qualité, une expérience pédagogique à rencontrer des individus (es) merveilleux dans un monde ou l'exercice des mentalités négatives sur un planning offre davantage d'ouverture ainsi savoir fermer la langue de vipère à certains, certaines car je n'ai que dégoût à les sentirs.