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Invention d’une start-up de l’EPFLUn réacteur solaire d’un nouveau type pour produire l’hydrogène

Sohhytec veut produire une énergie verte pour les aciéries du futur grâce à son miroir parabolique.

Lausanne-Ecublens, 2020
Deux des trois fondateurs de Sohhytec, Saurabh Tembhurne, CEO, et Sophia Haussener, directrice du Laboratoire de Science et Ingénierie des Energies Renouvelables (LRESE) à l’EPFL  devant l’installation solaire qui produit l’hydrogène. 
Lausanne-Ecublens, 2020
DR/ SoHHytec

Associé à la pile à combustible, l’hydrogène se profile comme un sérieux concurrent pour remplacer les énergies fossiles dans les véhicules. Mais le principal enjeu de cette course est de produire une énergie verte, propre et locale, ce qui est encore trop rare pour l’hydrogène. La start-up issue de l’EPFL Sohhytec lance une solution révolutionnaire avec son réacteur solaire d’un nouveau type.

Celui-ci utilise les rayons du soleil captés par un grand miroir parabolique pour produire l’hydrogène par un procédé photo-électrochimique. Directrice du Laboratoire de la science et de l’ingénierie de l’énergie renouvelable (LRESE), Sophia Haussener définit cette installation comme un réacteur solaire comprenant plusieurs composants dont une cellule photovoltaïque directement intégrée à un électrolyseur qui va décomposer l’eau en oxygène et en hydrogène. Là est l’innovation brevetée par la start-up du Parc de l’innovation de l’EPFL. Le système dispose aussi d’un intégrateur thermique pour une plus grande efficacité car il doit gérer un rayonnement solaire concentré par un facteur de 1000 alors que la chaleur ne doit pas excéder 80 degrés.

20% de l’énergie solaire en hydrogène

Sophia Haussener, qui a fondé Sohhytec avec Saurabh Tembhurne, CEO, qui a étudié à l’Institut indien de technologie de Bombay ainsi qu’avec un autre scientifique, Meng Lin, chef de la technologie, est convaincue de l’efficacité du réacteur après deux ans d’expérimentations. Ce dernier convertirait 20% de l’énergie solaire en hydrogène H2. Autre atout du système: il produit simultanément de l’oxygène, de l’électricité et de la chaleur.

Les essais ont été faits sur le campus de l’EPFL avec un réflecteur parabolique d’un diamètre de 7 m, une taille optimum jusqu’à 9 m. «Nous pouvons produire 1/2 kg d’hydrogène par jour – en juillet-août – ce qui permet à une voiture électrique de circuler 100 à 150 km.» Pour une production supérieure, les chercheurs préconisent de multiplier les installations. Toutefois, explique la directrice du laboratoire, Sohhytec compte dans une première étape développer son produit pour d’autres applications qui permettront d’améliorer le rendement et de réduire les coûts afin que l’hydrogène vert devienne compétitif comparé à celui produit par des ressources non renouvelables.

Un prototype lancé en Inde

Parmi ces applications, Sophia Haussener évoque la production d’ammoniac très utilisé dans le secteur agricole, notamment comme matière première pour fabriquer les engrais. Un prototype de démonstrateur industriel du système Sohhytec sera ainsi déployé en Inde. Tandis que deux autres projets seront bientôt opérationnels, l’un dans un pays du Golfe, l’autre dans une entreprise de métallurgie en Suisse. Il faut savoir que la production d’acier mondiale – qui pourrait utiliser l’hydrogène à la place du charbon et des dérivés pétroliers – produit trois fois plus d’émissions de gaz à effet de serre que toute l’aviation commerciale!

Sohhytec, qui a reçu un prêt de 100’000 francs de la FIT, l’agence pour l’innovation vaudoise, compte maintenant quatre collaborateurs, et pense atteindre une dizaine de postes dans les 3 ans.

2 commentaires
    Didier D

    On croise les doigts ! Un beau projet propre comme on en a besoin.