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Conséquences du SARS-CoV-2Un tiers des malades du Covid gardent des symptômes durant des semaines

Une étude genevoise montre que chez certains la maladie se prolonge plus de six semaines. Les séquelles les plus répandues sont perte d’odorat et fatigue.

Une équipe de médecins et épidémiologistes de l’Université de Genève, des Hôpitaux universitaires de Genève et de la Direction générale de la santé ont suivi près de 700 personnes positives au SARS-CoV-2 ne nécessitant pas d’hospitalisation, dans le but de mieux comprendre le phénomène des «Covid-long». (Photo d’illustration)
Une équipe de médecins et épidémiologistes de l’Université de Genève, des Hôpitaux universitaires de Genève et de la Direction générale de la santé ont suivi près de 700 personnes positives au SARS-CoV-2 ne nécessitant pas d’hospitalisation, dans le but de mieux comprendre le phénomène des «Covid-long». (Photo d’illustration)
Lucien Fortunati

On peut avoir eu le Covid-19 avec «seulement» une grande fatigue, une toux ou la perte d’odorat, et se dire qu’on sera tiré d’affaire en une dizaine de jours. Mais chez certains, ces symptômes se poursuivent des semaines, voire des mois, après l’infection.

Pour mieux comprendre ce phénomène des «Covid-long», une équipe de médecins et épidémiologistes, de l’Université de Genève (UNIGE), des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) et de la Direction générale de la santé ont suivi près de 700 personnes positives au SARS-CoV-2 ne nécessitant pas d’hospitalisation«la majorité ne présentent ni facteurs de risques particuliers, ni forme grave de la maladie», précise le professeur Idris Guessous, médecin-chef du Service de médecine de premier recours des HUG, qui a dirigé ces travaux avec la Dre Mayssam Nehme. L’âge moyen de la cohorte est de 43 ans, avec une majorité de femmes (60%).

Les résultats de cette étude viennent d’être révélés: six semaines après le diagnostic, près d’un tiers des participants présentaient encore un ou plusieurs symptômes liés au virus, principalement la fatigue (14%), l’essoufflement (9%) et la perte de goût ou d’odorat (12%). De plus, une toux persistante a été rapportée dans 6% des cas et des maux de tête dans 3%. Pour Idris Guessous, ces résultats rappellent que l’infection au SARS-CoV-2 n’est pas anodine. «Il est essentiel que tous se rendent compte que même des personnes a priori en bonne santé peuvent se retrouver épuisées par le Covid-19, même plusieurs semaines ou mois après l’infection.»

Afin d’améliorer la prise en charge de ces «Covid-long», les HUG ont créé une consultation spécifique. À cela s’ajoute la nécessité d’une meilleure reconnaissance de la persistance des symptômes. «Cela passe par une campagne d’information auprès de la population et du personnel soignant, mais aussi plus largement auprès des employeurs, des assurances et de la société en général», soulignent les auteurs de l’étude.

L’étude se poursuit pour comprendre l’évolution à long terme de ces malades, à 3 mois, 7 mois et 12 mois après l’infection.

12 commentaires
    Jacques Chételat

    ...et je souffre de difficultés respiratoires et de fatigue.