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Transaction virtuelle, vrai délitUn trader en bitcoins se fait pincer pour blanchiment

Un trentenaire de la Riviera habitué des échanges de cryptomonnaie s’est rendu coupable d’avoir encaissé des versements dodus par cartes virtuelles. Cet argent était le fruit d’une escroquerie.

Les transactions en cryptomonnaie ne dispensent pas de s’assurer de la provenance des fonds et de l’identité d’un acheteur ou vendeur. Le canal est prisé pour blanchir de l’argent.
Les transactions en cryptomonnaie ne dispensent pas de s’assurer de la provenance des fonds et de l’identité d’un acheteur ou vendeur. Le canal est prisé pour blanchir de l’argent.
KEYSTONE

Un trentenaire de la Riviera paiera cher sa légèreté dans ses transactions en ligne. Cet agent immobilier, actif dans la vente et l’achat de bitcoins, vient d’être condamné pour blanchiment d’argent après avoir accepté d’importants versements d’origine douteuse en échange de cryptomonnaie. Paradoxalement, ce n’est pourtant pas à lui qu’en voulait la plaignante qui a déclenché l’affaire.

Rembobinons: une internaute tessinoise s’était fait piéger par des anonymes se faisant passer pour le service de gestion de son compte PayPal. Elle avait été convaincue par le ton sérieux d’un courriel lui ordonnant d’acquérir des cartes de paiement virtuelles pour 2400 francs afin de débloquer son compte. Elle s’était exécutée, adressant à ces escrocs seize cartes d’une valeur de 150 francs, avec leurs codes d’activation.

Délit par omission

C’est cet argent que les inconnus ont proposé de verser en contrepartie de bitcoins au Vaudois. Pourtant alerté par le prix élevé proposé par ses acheteurs et l’importance de la somme, le trader a empoché le montant. Afin de ne pas rater cette affaire, il n’a pas vérifié l’identité de ses interlocuteurs, comme il avait pu le faire par le passé en exigeant une photo de l’acheteur tenant sa carte d’identité.

C’est cette omission qui lui vaut sa condamnation pour blanchiment d’argent. Elle a empêché la justice de remonter à la source de l’escroquerie, que la Tessinoise flouée aurait voulu voir épingler.

Le Ministère public de l’Est vaudois a estimé que même si l’habitué du bitcoin n’avait pas d’intention délictueuse, il avait tout de même adopté un comportement coupable. Le Code pénal estime en effet qu’il n’y a pas besoin de savoir que l’argent provient d’un délit. Il suffit d’avoir pu le présumer.

Le négociant en cryptomonnaie mal avisé en sera quitte d’une amende de 600 francs, les 30 jours-amende infligés comme peine étant assortis du sursis.