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Arrestation à Renens (VD)La police piège un trentenaire grâce à un faux profil d’adolescente

La police vaudoise a interpellé un homme qui avait donné rendez-vous à une jeune fille de 13 ans dans le but de s’adonner à des actes d’ordre sexuel avec elle. Derrière le faux profil de l’adolescente se cachait en réalité un inspecteur de police.

Un rendez-vous a été fixé dans la région de Renens, où les policiers ont procédé à l’interpellation du trentenaire. (Photo d’illustration)
Un rendez-vous a été fixé dans la région de Renens, où les policiers ont procédé à l’interpellation du trentenaire. (Photo d’illustration)
KEYSTONE

La police vaudoise a interpellé un homme de 39 ans qui avait donné rendez-vous à une ado pour entretenir des actes d’ordre sexuel. Derrière le profil internet de la jeune fille de 13 ans se trouvait en fait un inspecteur de police.

Les polices suisses et la prévention suisse de la criminalité (PSC) ont lancé mardi une campagne nationale pour la prévention du «grooming». Ce phénomène, appelé aussi «cybergrooming» ou «pédopiégeage», consiste, pour un adulte, à rechercher le contact avec un mineur dans le but de lui faire des avances sexuelles.

Majeur mais plus jeune

C’est précisément ce qui s’est passé dans le cas vaudois. L’homme de 39 ans, domicilié à Genève, est entré en contact avec la pseudo-ado sur une plateforme de discussion sur internet. Il s’est fait passer pour un homme majeur mais plus jeune.

Lors du chat, la «jeune fille» a d’emblée précisé qu’elle n’était âgée que de 13 ans, précise la police. «Il était conscient de son âge. Mais assez rapidement, la teneur du chat est partie sur des échanges à connotation sexuelle», relate Olivia Cutruzzola, cheffe de la section prévention criminelle à la police vaudoise.

Après un bref échange, l’homme lui a proposé une rencontre afin qu’elle lui prodigue une fellation contre rémunération. Un rendez-vous a été fixé près de Renens, où les policiers l’ont cueilli, puis placé en détention préventive pour tentative d’actes d’ordre sexuel, le 30 octobre dernier. Les investigations se poursuivent pour établir l’entier de son activité délictueuse.

Clip vidéo de prévention

Dans sa campagne, la PSC met en garde contre ce «grooming» dont l’objectif est souvent le même: amener un enfant ou un adolescent à pratiquer des actes sexuels sur soi, afin de pouvoir ensuite exercer un chantage avec ces images intimes, faire usage de la contrainte, voire même amener le jeune à accepter une rencontre réelle. Un clip vidéo de prévention est visible en ligne.

Les prédateurs se font passer pour des adolescents ou de jeunes adultes. Ils repèrent leurs proies sur internet dans des jeux, chat ou médias sociaux. Ils gagnent leur confiance en se découvrant des intérêts communs et cherchent à devenir le «confident idéal». La PSC rappelle qu’il faut rester vigilant et qu’il ne faut jamais se fier à quelqu’un qu’on ne connaît que sur internet.

Cadre strict

Depuis 2012, la police est autorisée à mener des recherches préliminaires secrètes sur internet afin de prévenir la commission de délits graves. «Cela nous permet de travailler sous couverture sur internet, mais les règles sont strictes. Seuls les enquêteurs de la cellule cyber-pédophilie de la brigade criminelle y sont habilités et ils ne doivent pas instiguer à la commission d’un délit», a ajouté Olivia Cutruzzola.

ATS/NXP