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Road trip communautaireUn voyage intérieur à bord de Blablacar

La journaliste binationale Caroline Stevan a sillonné les routes de France dans des voitures privées partagées avec des inconnus. Une joyeuse introspection sur fond de kaléidoscope régional.

Le tour de France de Caroline Stevan, illustré par Dominika Czerniak-Chojnacka.
Le tour de France de Caroline Stevan, illustré par Dominika Czerniak-Chojnacka.
Dominika Czerniak-Chojnacka
Le rétro en dit toujours beaucoup.
Le rétro en dit toujours beaucoup.
Dominika Czerniak-Chojnacka
Un petit incident…
Un petit incident…
Dominika Czerniak-Chojnacka
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Ethno, socio et perso. Le road trip qu’a fait Caroline Stevan, auteure et journaliste à la RTS, est multiple, tout comme les lectures qu’on peut faire de son ouvrage, «Blablacar, la France et moi», paru juste avant le confinement aux Éditions Helvetiq. Un livre hybride, mi-carnet de route, mi-introspection, où les personnages se succèdent le temps d’un trajet commun. Une séquence, un chapitre, toujours limité dans le temps – même si sa durée varie en fonction de la circulation ou de la bonté parfois exagérée du chauffeur –, où des inconnus partagent un espace clos relativement restreint.

«J’ai culpabilisé de ne pas être totalement transparente, de ne pas dire que je suis journaliste, de ne pas parler de mon expérience. Mais tout avouer aurait changé nos rapports et cela aurait été vraiment dommage»

Caroline Stevan

En effet, pour ceux qui ne connaissent pas, Blablacar, c’est ça: un système de covoiturage pour un trajet fixé, le plus souvent un voyage unique, motivé par plusieurs raisons: la praticité, l’écologie, son coût très bas ou simplement la volonté de ne pas voyager seul et d’aller à la rencontre des autres.

«J’attache beaucoup d’importance à la relation de confiance qui est au cœur du système de Blablacar, souligne Caroline Stevan, qui l’utilise encore souvent, bien qu’il ne soit pas très répandu en Suisse. C’est pour cela que j’ai culpabilisé de ne pas être totalement transparente, de ne pas dire que je suis journaliste, de ne pas parler de mon expérience. Mais tout avouer aurait changé nos rapports et cela aurait été vraiment dommage.»

C’est donc bien à quatre roues que cette passionnée de photographie a effectué son tour de France, avec des départs et arrivées d’étapes dans des zones industrielles ou commerciales glauques. Des lieux anonymes, faciles d’accès, où sont nées toutes ses aventures humaines. Au sens premier, car malgré la légende qui se veut tenace, pour Caroline Stevan, Blablacar n’a jamais été un lieu de rencontres autres qu’amicales.

«Blablacar, la France et moi», Caroline Stevan, Éd. Helvetiq, 136 p.