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ÉditorialUn wagon de bonnes intentions

Que seraient les déplacements en Suisse aujourd’hui si certains n’avaient pas rêvé tôt pour penser loin? Sans des précurseurs et des pionniers, la ligne de faîte du Gothard et l’axe d’échange Nord-Sud n’auraient peut-être jamais existé alors que nos voisins européens ferraillent encore sur ce que pourrait être le franchissement de certaines de leurs alpes. Sans parler des NLFA. Nul doute non plus que si le lobby routier n’avait pas été aussi puissant et la voiture aussi reine à la fin du siècle dernier, l’idée de Swissmetro entre les deux capitales lémaniques serait aujourd’hui un axe fort.

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Dans les journaux de mardi et mercredi, le Canton de Vaud disait vouloir rattraper son retard en matière de pistes cyclables et Lausanne améliorer le flux de ceux qui arpentent à pied ses rues qui montent et qui descendent. Certains rêvent même d’y voir un tunnel à piétons. En attendant que le LEB passe enfin sous l’avenue d’Échallens et que le tram reprenne racine sans qu’une rampe automobile compensatoire ne mange un bout de forêt.

Bref, en matière de projets de transports, les réalités des uns ne seraient rien sans les utopies des autres. Alors qu’un virus empêche la mobilité douce de redémarrer à la hauteur de ses enjeux écologiques, il est assez sain d’entendre des voix de bords différents prendre le même wagonle bon, serait-on tenté de dire. Et de voir le grand argentier délier sa bourse pour évoquer des investissements dans les infrastructures. Même si tout cela ne reste que des crédits d’étude.

«En matière de projets de transports, les réalités des uns ne seraient rien sans les utopies des autres»

Claude Ansermoz, rédacteur en chef

Oui, il est sain de loucher sur Zurich en matière de lobbying, pour ne plus laisser passer le convoi des subventions fédérales. Oui, il faut vraiment qu’on circule mieux sur les rails entre Lausanne et Genève et plus vite jusqu’à Berne. Oui, enfin, alors qu’on vous raconte dans la même édition comment Easyjet vole à vide en expulsant des tonnes de CO₂ depuis Cointrin en attendant que ses clients reviennent, comment ne pas saluer l’idée de refaire la part belle aux trains de nuit. Mais l’enjeu dépasse clairement le canton de Vaud. Cet hiver, j’ai tenté à six reprises de réserver une couchette nocturne sur rail pour le grand Sud estival. Sur le numérique et aux guichets. Je n’ai jamais pu obtenir de billets. Alors que quelques clics sur l’application de son concurrent aux ailes orange auraient suffi.

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