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Terroir et randonnée à Troistorrents (VS)Une balade du four au moulin pour redécouvrir le pain

Le 29 août, le village fête la star de son patrimoine culinaire. Au programme, six haltes pour tout savoir de sa fabrication, du champ à l’étal.

Dans le four de Propéraz restauré, on cuit depuis 2015 la cuchaule et un pain multicéréales. À déguster samedi.
Dans le four de Propéraz restauré, on cuit depuis 2015 la cuchaule et un pain multicéréales. À déguster samedi.
DR – Association du four à pain de Propéraz

Si Fully est la capitale valaisanne de la châtaigne et Saxon celle de l’abricot, Troistorrents aspire à devenir celle du pain. La commune du val d’Illiez ne manque pas d’arguments: à l’arrêt depuis 1949, les moulins de la Tine ont repris du service en 1997. Depuis, deux fours banaux – sur les huit répertoriés dans ce secteur par une source de 1450 – ont été restaurés par deux associations. Enfin, en 2018, l’orge et le blé étaient semés au village, vraisemblablement pour la première fois depuis une septantaine d’année.

Les outils et la matière première de retour, il ne manquait plus qu’à nouer la gerbe en présentant au public l’entier du processus. Ce sera chose faite samedi 29 août à l’occasion de la première Balade au fil du pain. Une Fête du pain sera mise sur pied dès l’an prochain. «La balade débutera à la Cavagne (ndlr: magasin servant de vitrine aux produits agricoles de la vallée), où l’association Au-Delà du grain cultive des céréales, explique Corinne Cipolla, vice-présidente de Troistorrents et membre du comité d’organisation. Les participants pourront ensuite visiter les fours de Propéraz et Collaire.»

Ce dernier vient d’être remis en service, après sept ans de démarches. Selon Michel Hehlen, président de l’Association pour la sauvegarde du four banal de Collaire et coprésident du comité d’organisation, l’édifice, entièrement restauré, se dressait déjà là avant 1435. «Un texte indique qu’une villageoise cherchait alors à vendre sa part d’un four banal. Tout porte à croire qu’il s’agit de celui-ci.» Le pain cuit dans les deux fours accompagnera les mets servis aux marcheurs. Enfin, les marcheurs pourront assister à la mouture du grain dans les gorges de la Tine, avant de rejoindre le centre du village.

«Des tests sont en cours pour élaborer un pain à 100% local, mais nous devrons encore augmenter notre production pour y parvenir»

Fabienne Berthoud, présidente de l’association Au-Delà du grain

Pourquoi un lien si fort entre le village et le pain? «Il y a sans doute une conjonction de circonstances: entre un climat favorable à la culture des céréales et la force des eaux de la Tine, les anciens ont compris que l’endroit était propice et que tout le processus pouvait être réalisé sur place», estime Corinne Cipolla. La culture de céréales est en tout cas attestée jusqu’au début du XXe siècle et des prélèvements aux abords des moulins indiquent que le millet y poussait notamment. Certains y voient d’ailleurs l’origine du sobriquet des indigènes: les Chorgues, référence possible au mot celtique sorgo, désignant le millet ou le seigle.

L’association Au-delà du grain a relancé en 2018 une culture céréalière dans la vallée. Elle cultive notamment de l’orge à six rangs, variété indigène.
L’association Au-delà du grain a relancé en 2018 une culture céréalière dans la vallée. Elle cultive notamment de l’orge à six rangs, variété indigène.
DR – Au-delà du grain

Il faudra toutefois encore patienter un peu avant de déguster un pain 100% chorgue. Au-Delà du grain vient de récolter le blé noir et l’orge à six rangs – deux espèces indigènes – semés sur le champ de 1500 m² mis à sa disposition par un privé. «Des tests sont en cours pour élaborer ce pain local, mais nous devrons encore augmenter notre production pour y parvenir», explique la présidente l’association, Fabienne Berthoud.

Balade au fil du pain, samedi 29 août, dès 10 h 30. 40 francs (adultes) et 20 francs (enfants), repas et dégustations comprises. Inscription nécessaire. regiondentsdumidi.ch