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ÉditorialUne bataille de titans

La campagne sur l’initiative «Pour des multinationales responsables», soumise à votation le 29 novembre, sera hautement émotionnelle.

Le combat inégal de David contre Goliath? Oubliez tout de suite cette image angélique. La campagne qui s’ouvre autour de l’initiative «Pour des multinationales responsables» a déjà tout d’une bataille de titans.

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Certes, les opposants vont massivement délier les cordons de la bourse. ÉconomieSuisse pourrait ainsi dépenser jusqu’à 8 millions, selon le magazine alémanique «Bilanz». Mais en face, dans le camp des partisans, on est très loin des pauvres petites organisations qui quémandent quelques francs pour survivre.

«Il faut se sortir de la tête la vision d’un monde manichéen, où il n’y aurait que de méchantes multinationales d’un côté et de gentilles ONG de l’autre»

La coalition qui défend le oui refuse d’ailleurs de dire combien elle investira. Mais, au vu des dizaines de milliers de drapeaux attachés aux balcons, des dons en espèces qui vont avec et des 500’000 cartes postales manuscrites qui seront envoyées d’ici au scrutin du 29 novembre, on est davantage face à une véritable machine de guerre qu’à un groupe d’amateurs. Elle s’appuie sur 500 comités locaux et 10’000 bénévoles…

Le sujet est éminemment émotionnel et pourrait bien séduire le nouvel électorat jeune, urbain, féminin et écolo, prêt à ruer dans les brancards, galvanisé par ses victoires du week-end dernier. D’autant que l’enjeu, immense, pourrait servir de signal pour le reste du monde: déterminer si une entreprise qui a son siège en Suisse doit rendre des comptes en Suisse en cas de violation de droits humains ou de normes environnementales pour ses activités à l’étranger.

Derrière cette question pétrie de bon sens se cachent pourtant des réalités bien plus complexes et subtiles. Cela ne veut pas encore dire qu’il faut rejeter ou accepter l’initiative. Mais qu’il faut y réfléchir en se sortant de la tête la vision d’un monde manichéen, où il n’y aurait que de méchantes multinationales d’un côté et de gentilles ONG de l’autre.

9 commentaires
    Dall'Aglio Andrée

    Oui. Espérons que les jeunes - et les moins jeunes "qui s'en foutent", réfléchiront et voteront.