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L’invitéUne commission d’enquête pour régler des comptes?

Pierre Rochat regrette que le centre droit vaudois durcisse le ton et bloque les fronts dans le dossier de l’Hôpital Riviera-Chablais.

Le Grand Conseil débat, ces jours, de l’opportunité ou non d’instituer une commission d’enquête parlementaire (CEP), sur le lourd dossier de l’Hôpital Riviera-Chablais (HRC). Vu de l’extérieur, mais en observateur intéressé, voire averti – je suis président de la Fondation des Hôpitaux de la Rivera en liquidation –, je suis frappé de voir un centre droit plus soucieux de faire rendre des comptes, notamment au Conseil d’État, que de voir l’intérêt général.

Le centre droit d’aujourd’hui attaque la gauche au pouvoir, qui défend l’intérêt général par des positions pragmatiques, raisonnables et nuancées, comme la gauche de l’époque attaquait la majorité gouvernante radicale-libérale! Or je ne pense pas que ce soit en durcissant ainsi le ton et en bloquant les fronts, ce que le peuple n’aime pas, que la droite reprendra la majorité. Si le PLR veut renverser la majorité, il doit convaincre le centre, voire la gauche modérée; là, en soutenant un discours revanchard, il n’en prend pas le chemin. C’est dommage.

«Construire un hôpital neuf, de surcroît intercantonal, en en démantelant non pas deux ou trois mais sept autres, c’est exceptionnel.»

Pour ce qui est de l’hôpital lui-même, projet complexe et difficile, au point que des erreurs ont malheureusement été commises, il fait partie des grandes réalisations tant de notre région que du canton. Il a fallu du temps pour le réaliser, pour dépasser la concurrence entre les hôpitaux de Vevey et de Montreux, surmonter l’échec du projet d’hôpital de Sully, rassembler toute une région, trouver le site adéquat, bref obtenir des consensus afin d’aboutir.

Construire un hôpital neuf, de surcroît intercantonal, en en démantelant non pas deux ou trois mais sept autres, c’est exceptionnel. Bien sûr, comme pour tout grand projet, il engendre des regrets, des déconvenues, des amertumes, des critiques, voire des attaques. Il est en train de sortir des turbulences, un peu secoué, affaibli par les circonstances, mais performant, moderne et agréé par la grande majorité de la population.

Aujourd’hui, l’HRC, avec tous ceux qui travaillent fidèlement à son développement, a besoin de calme et de soutien; pas de grands discours compatissants assortis de doutes, mais d’appuis francs, fiers et loyaux. Le pire pour lui, c’est aussi cette critique sous-jacente d’autres acteurs de la santé, spécialement ceux qui s’enrichissent parallèlement, en surfant sur les tarifs et la concurrence privée, exagérément favorisée par les tarifs LAMal.

Un outil très lourd

Personnellement, je pense qu’une CEP n’est pas nécessaire. Pareil outil parlementaire est extrêmement lourd et chronophage, surtout dans le contexte où les correctifs attendus ont déjà été apportés. De plus, telle commission ne devrait être instituée que dans la mesure où elle obtient l’adhésion d’une large majorité allant au-delà du clivage gauche-droite, faute de quoi ses conclusions seront difficiles à rendre, voire inutilisables.

Enfin, je me permets de remarquer que, dans ce genre de dossier, c’est souvent l’excès d’ingérence du politique qui rend la gestion difficile. Dès lors, paradoxalement, je conserve la conviction que ce ne sont pas les contrôles qui ont manqué, mais l’autonomie. Mais ça, c’est un autre débat.

3 commentaires
    toyet

    Faute d'orthographe, on reconnait l'école vaudoise, un ancien élu PLR qui crache sur son ancien parti devient une mode.Ce monsieur estime normal de se remplir les poches sur le dos des contribuables puisque les hôpitaux sont financés par les cantons¨! bien dommage que la confédération ne contrôle pas ces finnancements.Monsieur Maillard et ses chefs de services méritent une enquête.... dans un temps où notre pays n'était pas régis par des lois d'exception.