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Homicide à MontreuxLa suspecte parle d’une «proposition sexuelle sous la menace d’un couteau»

Une trentenaire domiciliée à Pontarlier a été interpellée mardi par la gendarmerie de Besançon. Elle a reconnu avoir tué son ancien employeur au domicile de ce dernier, à Clarens.

Le drame s’est joué au domicile du défunt, à Clarens,  juste à la sortie de Montreux, non loin de l’hôtel Villa Toscane, d’où un gros déploiement de voitures de police en face du Royal Plaza voisin.
Le drame s’est joué au domicile du défunt, à Clarens, juste à la sortie de Montreux, non loin de l’hôtel Villa Toscane, d’où un gros déploiement de voitures de police en face du Royal Plaza voisin.
Chantal Dervey

Gros déploiement de police mardi matin à l’avenue Claude Nobs à Montreux, aux abords de la Villa Toscane et en face du Royal Plaza, de l’avis même de la gendarmerie vaudoise dans son communiqué. Suffisamment en tous les cas pour impressionner quelques habitués: «Je n’avais jamais vu autant de voitures de police, lance une employée d’une société voisine. Il y avait la totale, avec la scientifique et la judiciaire.»

«Ils sont venus nous demander les images des caméras de surveillance donnant sur la rue», ajoute-t-on dans un centre de soins. Et pour cause: un Suisse de 59 ans été retrouvé baignant dans son sang à son domicile situé non loin mais déjà sur Clarens. L’homme était mort «depuis quelques jours», selon nos confrères français de l’Est Républicain qui ont révélé l’affaire.

En effet, l’enquête s’est vite dirigée vers la France et la zone frontalière du Haut-Doubs. La police vaudoise a rapidement identifié une suspecte, une Française de 30 ans, employée de maison chez la victime. La gendarmerie de Besançon a été sollicitée par la voie d’une demande d’entraide judiciaire et la jeune femme a été interpellée mardi. Cette habitante de la région de Pontarlier a reconnu les faits. Elle affirme avoir été victime d’une agression de son ex-patron. «Elle parle d’une proposition sexuelle sous la menace d’un couteau. Elle aurait désarmé cet homme et lui aurait infligé des coups de couteau», a indiqué le procureur de la République, Étienne Manteaux, lors d’une conférence de presse relayée par l’Est Républicain. Toujours selon le journal français, «elle a été mise en examen pour assassinat et placé en détention provisoire à la maison d’arrêt de Dijon».

Dispute fatale

Selon les premiers éléments de l’affaire, l’ancienne employée se serait rendue dans la région de Montreux pour voir son ancien employeur, comme elle avait l’habitude de le faire. Une dispute aurait alors éclaté pour une raison qui reste à déterminer. «Pour l’heure, le mobile reste relativement flou. Le procureur a indiqué que du numéraire suisse a été retrouvé dans sa voiture, ainsi que de nombreuses factures de salons de beauté», lit-on dans l’Est Républicain. «Elle bénéficiait du revenu de solidarité active (RSA). Son train de vie paraît inapproprié », a précisé Étienne Manteaux.

Dans les premières auditions, la jeune femme explique avoir été victime d’une agression de la part de son ex-patron, une version qui pourrait être corroborée par «des traces de défense sur sa main», toujours selon nos confrères français. Dans un second temps, elle serait parvenue, selon ses dires, à se saisir de l’arme. C’est là qu’elle aurait asséné les coups de couteau fatals avant de prendre la fuite.

Elle serait alors rentrée en France où elle aurait été hospitalisée en unité psychiatrique, à sa demande. C’est là que les gendarmes de la section de recherches (SR) de Besançon, sollicités par le parquet, l’ont cueillie. «Elle était sous curatelle. Un élément qui vient renforcer le profil psychologique fragile de cette personne», a précisé le procureur lors de la conférence de presse, ajoutant qu’une expertise psychiatrique sera menée. Son domicile a été perquisitionné dans la foulée.

Poursuivie en France

De son côté, la Police cantonale communique que «la procureure de service a ouvert une enquête et confié les investigations aux enquêteurs de la brigade criminelle de la police de sûreté en collaboration avec la brigade de police scientifique afin de déterminer les circonstances de cet homicide». Elle ajoute que «au vu de la nationalité de l’auteure et du fait que la France n’extrade pas ses ressortissants, la poursuite sera déléguée à la France».