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Etats-Unis«Une grande journée pour George Floyd», dit Trump

Donald Trump a tenté de lier, lors d’une conférence de presse, la baisse du chômage à la mort de l’Afro-Américain.

Donald Trump lors de la conférence de presse, vendredi 5 juin.
Donald Trump lors de la conférence de presse, vendredi 5 juin.
AFP

Donald Trump avait besoin d’un peu d’air au terme d’une semaine catastrophique pour lui. Alors à l’annonce inattendue d’une baisse du chômage à 13,3% aux États-Unis en pleine pandémie, le président américain n’a cessé de tweeter sur la bonne nouvelle. Dans la foulée, il a organisé une conférence de presse à la Maison-Blanche pour discuter de la création de 2,5millions d’emplois le mois dernier dans son pays.

Donald Trump a tenté de lier la bonne nouvelle sur l’emploi à la mort de l’Afro-Américain George Floyd, tué par un policier blanc la semaine dernière à Minneapolis. «George nous regarde en ce moment et dit: «Quelque chose de magnifique se passe pour notre pays.» C’est une grande journée pour lui.»

Au même moment, Muriel Bowser, la maire afro-américaine de Washington, faisait renommer la rue face à la Maison-Blanche, sur laquelle des manifestations pacifiques pour George Floyd avaient été dispersées par la force lundi. Cette rue s’appelle désormais Black Lives Matter Plaza, en référence au mouvement contre les bavures policières visant les Afro-Américains et les minorités.

Ce geste de défiance de la part de la maire, récemment critiquée par Donald Trump, est embarrassant pour le président, mais pas surprenant. La fronde des anciens généraux est beaucoup plus inquiétante pour lui en raison du respect dont ils jouissent auprès des élus républicains. Le général Jim Mattis, ancien secrétaire à la Défense qui avait démissionné en 2019, a ouvert les feux mercredi dans le magazine «The Atlantic». Il s’est dit «en colère» et «écœuré» à la vision de l’engagement de l’armée face au manifestants.

Le général John Kelly, ancien chef de cabinet de Donald Trump, a apporté son soutien à Jim Mattis. Dans une tribune publiée par «Foreign Policy», le général John Allen, ancien chef des Marines, a lui aussi mis en garde contre le déploiement de soldats face à des civils. Mike Mullen, ancien chef de l’état-major de l’armée sous George W. Bush et Barack Obama, a déclaré ne pas pouvoir rester «silencieux» face au «mépris» de Donald Trump pour les manifestants pacifiques.

Les prises de position des militaires ont créé des fissures dans le soutien républicain pour Donald Trump. La sénatrice conservatrice de l’Alaska Lisa Murkowski, a affirmé avoir «de la peine» à soutenir le président des États-Unis. Susan Collins, sénatrice républicaine du Maine, a refusé d’accompagner Donald Trump lors de la visite de son état vendredi.