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ÉditorialUne image irréprochable

«Lorsqu’il y a des gens qui déconnent, ils doivent quitter l’uniforme.» Il aura fallu qu’une nouvelle vidéo, d’une brutalité inouïe, fuite pour qu’en France le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin condamne enfin les violences policières et pour que la loi «sécurité globale» soit réécrite.

Lire aussi: Les policiers pourraient passer derrière la caméra

Dès les années 1990 naît aux États-Unis le «copwatch», des réseaux de militants qui surveillent et documentent les interpellations de police de fon neutre et objective. Le 3 mars 1991 dans la Cité des Anges, George Holliday, en témoin silencieux, filme de son balcon des policiers qui rouent de coups Rodney Glen King. Diffusée sur les chaînes de télévision du monde entier, la vidéo provoque l’indignation. Malgré les images, les agents sont blanchis. Moins de deux heures plus tard, les émeutes de Los Angeles éclatent, qui seront suivies d’importantes réformes au sein de la police américaine.

Dans le canton de Vaud aussi, les citoyens braquent leur smartphone sur les forces de l’ordre. On l’a vu encore récemment à Beaulieu. Mais toutes les vidéos d’interventions ne visent pas la neutralité et l’objectivité du «copwatch» des origines. Toutes, fort heureusement, n’enregistrent pas la furie d’hommes s’acharnant sur un autre.

«Fort heureusement, toutes les vidéos d’interventions ne montrent pas la furie d’hommes s’acharnant sur un autre à terre.»

Le 2 décembre 2020, dans une réponse à une interpellation du député Denis Rubattel, le Conseil d’État vaudois relevait certains chiffres témoignant de la confiance de la population envers les polices du canton, qui avec une note de 7,9 sur 10 «bénéficie d’un haut degré de confiance de la part des citoyens». Viennent seulement ensuite les tribunaux (7,4), le Conseil fédéral (7,1), l’économie suisse (6,9), le parlement fédéral (6,8) et l’armée suisse (6,7), ainsi que les partis politiques (5,4) et les médias (5,4).

Mais la confiance, ça se mérite. Pour la maintenir, les policiers se doivent, en tous temps et situations, d’être exemplaires, même lorsque des smartphones inquisiteurs se lèvent en guettant la faute. Une réponse à donner à cette foule de cadreurs amateurs rarement acquise, elle, à la cause des flicsserait d’équiper chaque agent de sa propre caméra-piéton, sur le modèle du projet pilote réalisé en 2019 par les polices vaudoises. Pour offrir un contrechamp aux images des citoyens et faire preuve, en toute transparence, de l’irréprochabilité de ceux qui portent l’uniforme.

3 commentaires
    Le penseur

    Il faudrait aussi compléter ce dispositif de drones qui surveillent les manifestations et certains éléments douteux qui y participent. Que pensez-vous des ONG qui supportent les manifestations violentes en Europe ? Méritent t-elles un financement des états qu'elles attaquent sans cessent avec une arrière pensée politique ?