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AboMouchards de poche
Une journée passée au crible des algorithmes

En utilisant quotidiennement notre smartphone pour toutes sortes de tâches, nous partageons une foule de données personnelles avec des apps et services tiers.
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Acheter un titre de transport, payer ses courses ou se distraire: le smartphone s’immisce chaque jour un peu plus dans nos existences. Au risque de perdre le fil des données personnelles que nous transmettons à des sociétés tierces très intéressées à commercialiser nos habitudes et centres d’intérêt.

Sans faire la liste exhaustive des données que nous partageons quotidiennement, nous avons imaginé une journée type et quelques interactions numériques classiques. Paul-Olivier Dehaye, expert en protection des données personnelles à l’origine du scandale Facebook-Cambridge Analytica, commente ces petits gestes qui n’ont souvent l’air de rien mais qui transmettent pourtant déjà une foule d’informations. Puis Stéphane Koch, spécialiste des questions numériques et vice-président d’ImmuniWeb, une société active dans la sécurité des applications, explique comment mieux protéger sa vie privée.

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6 h 30: le réveil du smartphone

Mon téléphone me tire de mon sommeil, je quitte le mode avion. «Les gens ont l’impression que lorsqu’ils éteignent ainsi leur portable, il ne collecte plus de datas, commente Paul-Olivier Dehaye. Or, même en mode avion, de nombreux senseurs – les capteurs d’orientation par exemple – continuent de fonctionner et d’écouter les routeurs wi-fi à proximité. À partir de ces données et par triangulation, on peut par exemple déterminer la géolocalisaton du téléphone. Lorsqu’on sort du mode avion au réveil, les infos collectées durant la nuit sont envoyées à Google.» Toutes ces datas permettent d’étoffer les profils des utilisateurs. Plus le profilage est raffiné, plus les algorithmes peuvent faire des hypothèses quant aux caractéristiques sociodémographiques des individus, pour mieux les cibler ensuite.

8 h: Train-train quotidien

Je quitte la maison pour me rendre à la gare. Je lance l’app CFF et indique que c’est ici et maintenant que débute mon voyage. «La géolocalisation permet de cibler dans la continuité l’utilisateur et d’élaborer une vue transversale de ses comportements, de les lier dans différents contextes, détaille Paul-Olivier Dehaye. Ainsi, si une personne n’utilise pas l’app CFF durant les vacances scolaires, l’algorithme va en déduire qu’elle a des enfants.» Sur son site, la régie fédérale indique que «l’application est l’une des plus installées et des plus utilisées de Suisse» et qu’en plaçant à cet endroit des publicités «vous atteignez vos clients de manière ciblée». Les critères de ciblage étant notamment le lieu, l’heure, la date, le jour de départ et/ou d’arrivée, la classe choisie, l’âge, le domicile, le sexe et la géolocalisation en coordonnées GPS de ses «8,2 millions d’utilisatrices et utilisateurs de smartphones» couplés, par exemple, à un ciblage météo (il faisait beau, mauvais, chaud)…

10 h: Une table pour quatre

Le site du restaurant où je souhaite déjeuner à midi me dirige vers une plateforme de réservation. «Des centaines de traceurs sont actifs sur ces sites et vont contribuer à constituer et raffiner mon profil d’utilisateur, développe Paul-Olivier Dehaye. Ces données ne servent du reste pas qu’à Google puisqu’elles sont partagées généralement à des fins de marketing pour des tiers.» Comme Spotify, Facebook ou Instagram.

14 h: Remplir le frigo

En vitesse avant de recommencer le travail, je fais mes courses sur une app de livraison à domicile. «Les informations contenues dans le panier peuvent elles-mêmes être monétisées», commente Paul-Olivier Dehaye. À l’exemple – notamment – de Coop qui indique, sur son site à l’attention des annonceurs, utiliser «une combinaison de données de comportements de consommation et d’achat, de données sociodémographiques et de données comportementales recueillies dans nos magasins en ligne et par nos services numériques». Comme il existe une catégorie «homme 18-30 ans» ou «famille 6-12 ans», il existe un groupe «acheteur de bières».

18 h: Prochain départ

Je quitte le bureau. Je consulte Google Maps pour connaître l’itinéraire à emprunter pour me rendre chez un ami qui m’invite à l’apéro. «Si les intentions de voyage et leur planification commencent quasi toujours dans Google Maps, il n’est pour l’heure pas encore possible d’y acheter son titre de transport, relève Paul-Olivier Dehaye. Mais d’ici peu, Google pourrait proposer d’acheter son billet via son interface. Puis ponctionner une partie des revenus avant de redistribuer le reste à la société de transports publics. En attendant, Google récolte une masse importante d’informations qui lui permet d’affiner le profilage de ses utilisateurs et l’adéquation des services proposés.»

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