Passer au contenu principal

Élections à LausanneUne Municipalité très mâle

Seulement six femmes ont accédé à l’Exécutif lausannois ces trente dernières années

La Municipalité actuelle compte deux femmes et cinq hommes.
La Municipalité actuelle compte deux femmes et cinq hommes.
François Wavre/lundi13

En 1990, la gauche prend la majorité à la Municipalité et la socialiste Yvette Jaggi devient la première femme à s’installer dans le fauteuil de syndique. Depuis, Lausanne est le bastion du PS et de ses alliés Verts et POP. Mais ce laboratoire de la gauche dite «progressiste» na laissé que peu de place aux femmes durant ces trois dernières décennies.

A lire: Pour ravir Lausanne, les Verts se libèrent des socialistes

Cette année, on commémore les 50 ans du droit de vote des femmes en Suisse. Mais il y a encore du chemin à faire en termes d’égalité, si l’on en croit les programmes électoraux des partis de la gauche lausannoise. Il faut «augmenter drastiquement le nombre de femmes dans tous les services» et «à compétences égales, une candidature féminine doit être préférée», revendique le PS, après avoir passé trente ans aux affaires. Le POP assure qu’il ne renoncera pas «jusqu’à ce que toutes les inégalités de genre soient une relique du passé capitaliste». Quant aux Verts, ils souhaitent notamment «améliorer la visibilité des femmes» et «augmenter les rues et places se référant à des noms de femmes».

Certes, il y a les noms de rues, mais l’accès à la Municipalité, une fonction dirigeante avec une rémunération importante, est aussi un indicateur de la place faite aux femmes à Lausanne. Là, les chiffres sont bourrus. Depuis 1990, seules six femmes ont siégé à la Municipalité (qui compte sept élus), dont deux femmes de droite, la radicale Doris Cohen-Dumani et la libérale Éliane Rey.

Durant ce laps de temps, quatorze hommes se sont succédé à l’Hôtel de Ville. Ce n’est pas tant l’électeur lausannois qui boude les candidates que les partis qui n’en présentent pas. Ou peu. En 2011, par exemple, le ticket rose-verte-rouge compte six candidats mais qu’une femme. Résultat, le gauche emporte les six sièges et Florence Germond est la seule magistrate durant la législature 2011-2016. Le dernier strapontin étant occupé par le PLR Olivier Français. Alors qu’à la même époque lExécutif cantonal est majoritairement composé de femmes. C’est d’ailleurs toujours le cas.

A lire: Les candidats se multiplient aux extrêmes et au centre

En 2021, les choses bougent gentiment. Les socialistes présentent deux femmes à la Municipalité de Lausanne. Une première. Le ticket PS-POP est ainsi paritaire, tout comme celui d’Ensemble à gauche. Les Verts ont, eux, décidé de placer deux hommes pour accompagner la sortante Natacha Litzistorf.

12 commentaires
    Klaus M.

    Etrange de ne pas mentionner Mme Bettschart dans votre article ! Alors que la Municipalité pourrait être composée de 3 femmes pour la prochaine législature !