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Triste clap de fin à la PontaiseUne première défaite riche en enseignements pour le LS

Pour leurs adieux à leur mythique stade, les Vaudois ont été battus 0-1 par Lugano. Avec quelques circonstances atténuantes.

Battus par Lugano, les Lausannois n’ont pas réussi à clore le chapitre de leur histoire à la Pontaise sur une note positive.
Battus par Lugano, les Lausannois n’ont pas réussi à clore le chapitre de leur histoire à la Pontaise sur une note positive.
Pascal Muller/freshfocus

Il fallait bien que ça arrive un jour. Invaincu, et souvent convaincant, depuis son retour en Super League, le Lausanne-Sport est tombé, samedi, contre le FC Lugano. Sur le plus petit des scores et face à un adversaire qui, lui, n’a plus connu la défaite depuis désormais 14 matches. Un record pour les Tessinois à ce niveau qui leur a permis de se retrouver au sommet de la hiérarchie nationale l’espace d’une nuit.

Même si seulement le sixième de la saison a été disputé et que le classement reste bancal, Lugano a prouvé dans le désert imposé de la Pontaise que ce départ presque parfait ne doit pas grand-chose au hasard. Au moment où la plupart des équipes manquent de rythme, de régularité et de cohésion à la fois en raison des nombreux matches reportés et des joueurs mis en quarantaine l’approche prudente et calculatrice prônée par Maurizio Jacobacci fait merveille.

Une grosse erreur qui coûte cher

Dans ce Stade olympique version LS qui aurait mérité une fin plus glorieuse après une complicité longue de 66 ans, les Tessinois ont en plus connu une entame de match idéale en profitant de la seule grosse erreur lausannoise de la soirée pour prendre les devants (11e). Solide et bien articulé autour de Maric, le double rideau défensif luganais n’avait rien d’une ligne Maginot.

Pour le LS vu samedi en tout cas. Malgré de louables efforts, le néopromu n’est en effet parvenu à inquiéter sérieusement Baumann qu’à une seule et unique reprise (52e). Sur une déviation à bout portant de Zekhnini, après un bon centre de Flo, le gardien du Cornaredo repoussait en deux temps un ballon qui avait le poids d’une égalisation. Un partage des points qui aurait été finalement plus équitable sur l’ensemble d’une rencontre très avare en émotions et en occasions. «Notre tort, soulignait justement Giorgio Contini, est d’avoir commis une seule petite erreur de plus que notre adversaire.»

Cette pauvreté offensive d’une équipe lausannoise qui avait tant séduit par son audace, sa volonté de presser haut la défense adverse et son remarquable état d’esprit lors de ses deux premières sorties à domicile face à Servette et à Zurich, a une double explication plus que plausible. Le fait d’avoir été privé de compétition depuis trois semaines – et un seul match disputé depuis le 3 octobre! a cassé le rythme d’une équipe qui en a davantage besoin qu’une autre, plus attentiste, est une première circonstance atténuante.

Notre tort est d’avoir commis une seule petite erreur de plus que notre adversaire.»

Giorgio Contini, entraîneur du LS

Mais il suffit de jeter un simple coup dœil à la feuille de match de samedi pour trouver la principale raison de ce premier revers. Privé de Stjepan Kukuruzovic, son meneur de jeu et capitaine dans l’entrejeu ainsi que, détail pas si anodin, de sa première alternative, le talentueux Gabriel Barès et de tout son compartiment offensif, Giorgio Contini a dû abandonner son habituel et fiable 3-4-2-1 pour prendre le pari, risqué, d’aligner quatre néophytes, ou presque, dans les deux premières lignes de ce 4-2-3-1 vu contre Lugano.

Pointer les jeunes et inexpérimentés Lucas Da Cunha (19 ans), Pedro Brazao (17), Rafik Zekhnini (22) et Ewann Guessand (19) pour expliquer les problèmes offensifs lausannois serait à la fois injuste et déplacé. Giorgio Contini était d’ailleurs le premier à voler au secours de son quatuor. «Les absences de quelques joueurs importants ne sont pas une excuse à cette défaite. Ceux qui les ont remplacés ont essayé de faire de leur mieux. Ils ont tous d’intéressantes qualités et ont par moments su les montrer contre une équipe qui est, sur le plan défensif, tout simplement la meilleure que nous ayons eu à affronter jusque-là.»

Le LS et le stade olympique de la Pontaise: une histoire d’amour qui a duré 66 ans.
Le LS et le stade olympique de la Pontaise: une histoire d’amour qui a duré 66 ans.
Pascal Muller/freshfocus

Alors qu’il regrettait, à juste titre, de ne pas avoir pu jouer avec régularité ces dernières semaines, le LS ne se plaindra pas cette fois de cette nouvelle pause forcée de quinze jours. Elle lui permettra en effet de récupérer la très grande majorité des onze éléments absents contre Lugano. Indispensable pour aborder une semaine de feu qui amènera le néopromu à Saint-Gall puis à Bâle avant d’inaugurer son nouveau stade de la Tuilière face à YB, triple champion de Suisse, le 29 novembre prochain. Un tour de force qui permettra de mieux situer la valeur réelle du LS.