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Bientôt un simulateur pour un PilatusUne première européenne à l’aéroport de Lausanne-Blécherette

La compagnie aérienne Fly7, basée à l’aérodrome, va installer un simulateur qui va réduire de 80% la formation en plein ciel à vide.

Yves Roch, directeur de Fly 7 à l'aérodrome de Lausanne dans un Pilatus  PC-12. Deux simulateurs de vol sur PC-12 devraient être installés à l'aéroport de Lausanne Blécherette.
Yves Roch, directeur de Fly 7 à l'aérodrome de Lausanne dans un Pilatus PC-12. Deux simulateurs de vol sur PC-12 devraient être installés à l'aéroport de Lausanne Blécherette.
©Florian Cella/24Heures

L’aérodrome de la Blécherette, à Lausanne, abritera prochainement une première européenne: la présence d’un simulateur de vol pour Pilatus PC-12. Ce monomoteur, principalement utilisé dans le milieu d’affaires et fabriqué à Stans, est très populaire dans le milieu de l’aviation. Un simulateur est un cockpit d’un type d’avion répliqué exactement comme dans la réalité. Il peut être mobile ou statique et est certifié par les autorités de l’aviation civile comme reproduisant parfaitement les comportements de l’avion en question.

«C’est la compagnie aérienne Fly7 qui a approché la direction de l’aérodrome de Lausanne-Blécherette, où elle est basée et développe ses offres, dont une école de pilotage», déclare Patrick de Preux, un des administrateurs d’Aéroport de la région lausannoise «La Blécherette», qui gère l’aéroport lausannois.

Actuellement, la formation sur simulateur n’est possible qu’aux États-Unis, en Europe obligatoirement en plein ciel»

Yves Roch, directeur de Fly7

La requête de Fly7 porte sur la possibilité de louer un bâtiment pour y installer donc ce premier simulateur de vol dans un premier temps, un second ultérieurement, et tous les équipements et locaux nécessaires. Les plans du bâtiment sont soumis à enquête publique par l’administration fédérale jusqu’au 11 juin. «Vu que le projet touche à l’aviation, la procédure d’approbation est conduite par l’Office fédéral de l’aviation civile (OFAC), section Plan sectoriel et installations», précise-t-on à Berne.

«Actuellement, la formation sur simulateur n’est possible qu’aux États-Unis, en Europe obligatoirement en plein ciel», annonce Yves Roch, directeur de la compagnie aérienne vaudoise. Outre le transport public et la location d’avion, Fly7 possède une des quatre écoles de pilotage présentes à l’aérodrome vaudois. «Notre simulateur permettra déjà aux élèves et pilotes européens de s’entraîner dans toutes les conditions de vol sans quitter le continent», poursuit Yves Roch.

Le patron de la compagnie, qui emploie 50 personnes liste les autres gains de l’utilisation du simulateur du Pilatus PC-12 à Lausanne: «diminution de 80% des vols de formation en plein ciel et à vide, gain de plus de huit heures sur la même formation, impact sur l’environnement conséquent». Par ailleurs, atout supplémentaire en matière de sécurité, la possibilité de s’entraîner sur un simulateur permet «d’exercer des pannes et des procédures impossibles ou dangereuses dans la réalité, mais aussi de maintenir des compétences à moindres coûts.»

Civils et militaires intéressés

Fly7 fait partie du groupe luxembourgeois Jetfly, leader européen dans le transport public d’affaires. Sa cinquantaine d’engins du modèle PC-12 volent dans le ciel continental. Sa base la plus importante est Lausanne. Le simulateur opéré par Fly7 aura pour clients des pilotes professionnels, des passionnés et des compagnies aériennes. «Mais aussi des armées. Celles de Finlande et d’Irlande ont déjà manifesté leur intérêt», révèle Yves Roch. Pourtant, le PC-12 est un avion d’affaires. «Oui, mais il peut être utilisé pour le transport d’environ une tonne de matériel si on enlève les sièges. C’est ce que fait déjà l’armée irlandaise», précise l’entrepreneur lausannois. La Finlande, qui possède six Pilatus PC-12 (chacun neuf places), déplace déjà son gouvernement ainsi. L’avion a aussi l’avantage de consommer peu.

Sauf opposition auprès de l’OFAC, éventuellement recours, «nous tablons sur fin 2021 pour que le bâtiment soit opérationnel. Il faut compter en tout cas entre 12 et 14 mois de travaux, annonce Patrick de Preux. Son coût est estimé à 1,5 million de francs.» Soit la moitié du prix du simulateur du Pilatus PC-12.