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AboPrix littéraire
Une Romande dans la première sélection du Prix Goncourt

Sarah Jollien-Fardel était au Livre sur les quais à Morges ce week-end.
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Sarah Jollien-Fardel vit une rentrée renversante. Son premier roman, «Sa préférée», sorti chez l’éditrice française Sabine Wespieser, se classe parmi les quinze titres retenus dans la première sélection du Prix Goncourt, dévoilée ce mardi. Avant cette nouvelle déjà, la Valaisanne de 51 ans, qui a vécu plusieurs années à Lausanne, était enchantée et éberluée par le bel accueil réservé à ce récit âpre et leste, qui laisse une empreinte forte bien après sa lecture.

«Ce qui me réjouit beaucoup, c’est de participer de fait au Goncourt des Lycéens, car ce qui est très important pour moi, c’est que des jeunes me lisent.»

Sarah Jollien-Fardel

Jointe cet après-midi au téléphone, elle évoque une «surprise totale. Ce qui me réjouit beaucoup, c’est de participer de fait au Goncourt des Lycéens, car ce qui est très important pour moi, c’est que des jeunes me lisent.»

Dans ce premier roman, seul texte qu’elle a jugé suffisamment abouti pour le sauver des flammes avant un déménagement, l’auteure évoque de manière poignante, mais sans misérabilisme, le destin d’une femme qui tente de se construire une vie après une enfance prise en otage par la violence paternelle, dans un village valaisan où tout le monde savait, mais personne n’en parlait.

Sarah Jollien-Fardel a voulu dénoncer les violences dont elle est témoin dans le foyer pour femmes battues où cette journaliste travaille comme bénévole. Son roman est déjà en lice en France pour le Prix Fnac, qui sera révélé ce jeudi et le prix Envoyé par La Poste. Son texte a aussi été retenu en Suisse romande pour le Prix des lecteurs de la ville de Lausanne, tandis qu’une traduction en allemand et une parution en livre de poche sont déjà en préparation.

Seule primo-romancière de la sélection

Les dix membres de l’académie, présidée par Didier Decoin, ont retenu le livre de la Romande et seule primo-romancière de la sélection aux côtés de «La vie clandestine» paru chez Gallimard, de Monica Sabolo, qui est un peu Suissesse également, puisque la Milanaise de naissance a fait ses études à Genève. Dans la course aussi, «Le cœur ne cède pas» de Grégoire Bouillier chez Flammarion, «Taormine» aux Éditions de Minuit, d’un Yves Ravey qui vient de décrocher le prix des Libraires/Le Point,  ou encore «Vivre vite» de Brigitte Giraud (Flammarion), ou «Les presque sœurs» de Cloé Korman (Seuil).

Virginie Despentes écartée

Muriel Barbery, qui paraissait très loin des goûts du Goncourt avec «L’Élégance du hérisson», son premier succès paru en 2007, se trouve 15 ans plus tard dans la course avec «Une heure de ferveur» (Actes sud). Par contre, «Cher connard» de Virginie Despentes, le plus gros succès de la rentrée littéraire, brille par son absence.

Parmi les Suisses sélectionnés pour le Goncourt ces dernières années, on pense bien sûr à Joël Dicker, qui a intégré la liste resserrée, et failli devenir le deuxième Romand, après Jacques Chessex, à remporter le plus prestigieux des concours littéraires.

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