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L’invitéUrgence climatique: non à une loi sur le CO2 alibi

Pierre Conscience se réjouit qu’un référendum soit lancé contre la nouvelle loi votée par le parlement fin septembre.

Des collectifs de la Grève lancent un référendum contre la loi sur le CO2 votée par les Chambres fédérales à la fin du mois de septembre. Pour l’heure, ce sont surtout les sections de Suisse romande qui s’y engagent, avec l’appui de quelques régions alémaniques. Mais d’autres cantons pourraient rejoindre la campagne référendaire et les jeunes mobilisé·e·s pour le climat peuvent déjà compter sur le soutien d’autres forces écologistes, notamment de SolidaritéS.

On pourrait s’étonner qu’une loi votée pour réduire les émissions de CO2 soit combattue par le plus grand mouvement écologiste de l’histoire du pays. Mais les jeunes grévistes l’ont bien compris: derrière les effets d’annonce, cette loi se révèle non seulement inefficace sur le plan écologique, mais aussi injuste sur le plan social.

«L’esprit général du texte voté à Berne consiste à faire payer la facture climatique en premier lieu aux classes populaires et moyennes»

L’esprit général du texte voté à Berne consiste à faire payer la facture climatique en premier lieu aux classes populaires et moyennes, par des mesures inefficaces sur le plan écologique. C’est le cas de la taxe sur l’essence, qui n’aura qu’un effet marginal sur la mobilité individuelle, mais impactera surtout les budgets des revenus les plus modestes.

Mais surtout, les réductions prévues ne permettront pas de respecter la limite fatidique de 1,5 °C de réchauffement global. De plus, la loi mise largement sur le développement des mécanismes dits de «compensation». En clair: délivrer des permis de polluer ici en soutenant des mesures très incertaines ailleurs. Réduire artificiellement nos émissions par des actions réalisées à l’étranger ne fait que déplacer le problème et retarder une résolution globale de la crise écologique, tout en confiant sa gestion au secteur financier.

Du reste, la loi protège scandaleusement les activités des banques, des assurances et des multinationales suisses, pourtant responsables d’émissions de CO2 vingt fois supérieures à celles de toute la population du pays. Ces monstres financiers pourront continuer de polluer sans compter.

Une troisième voix

Avant l’annonce du référendum par le mouvement écologiste, seuls deux camps s’opposaient: d’un côté, l’UDC, pour qui la loi menace les intérêts économiques ; de l’autre, tous les autres partis représentés au Conseil fédéral ainsi que les Vert·e·s, pour qui les mesures proposées constitueraient un compromis acceptable. Une dichotomie trompeuse, dans laquelle un discours écologiste conséquent n’a pas pu trouver sa place.

Avec ce référendum écologiste et progressiste, émerge une troisième voix qui refuse d’opposer le moindre mal au toujours pire. Combattre l’arnaque de la loi sur le CO2 ouvre un espace pour celles et ceux qui défendent le principe de justice climatique et exigent des changements profonds dans nos modes de production et d’échanges, pour faire face à l’urgence climatique. Il était temps!

19 commentaires
    £

    Le vrai problème n'est pas le climat. C'est certes important, mais il n'est qu'une des conséquences d'un capitalisme mondialisé, dérégulé, débridé, cupide et dénué de scrupules. Ce qui nous mène lentement à la catastrophe c'est la recherche exclusive du profit. Les verts utopistes qui nous serinent en permanence leurs soucis pour la planète devrait cesser de faire de l'écologie punitive en taxant tout ce qui bouge. Taxes qui vont surtout impacter les classes populaires et moyennes de ce pays. Taxer + ne va pas faire baisser le niveau de CO2. J'ai juste l'impression que les verts bobos, qui vivent dans les centres villes avec des loyers hors de portée de beaucoup de personnes, circulant en vélo-cargo électrique, ne veulent qu'une chose garder égoïstement leur niveau et cadre de vie, sans changer quoi que ce soit à leurs habitudes de consommation. Mes chers, si l'on ne freine pas la croissance, vos efforts seront vains. Vous aurez juste fait décroître le porte-monnaie des certains de vos concitoyens ça c'est certain. Vous n'aurez pas réglé le problème du CO2. Il n'y a pas de solutions neutres en matière d'écologie. Il y a toujours des points positifs et négatifs. Faire le croire que la solution passera pas plus de panneaux solaires, d'éoliennes, par la fin du nucléaire et des énergies fossiles n'est qu'un hypocrisie de plus. Les sujets sont désormais trop sérieux pour que l'on prenne des mesures basées uniquement sur l'idéologie. Un semblant de pragmatisme est de mise.