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SuisseVague de faillites en vue pour les cafetiers

Les mesures comme l’extension du chômage partiel ou la clause de cas de rigueur sont certes utiles mais ne suffiront pas éviter de nombreuses disparitions de cafetiers.

De nombreux cafetiers craignent pour leur survie.
De nombreux cafetiers craignent pour leur survie.
KEYSTONE

Un nombre important de cafetiers pourraient bientôt être obligés de mettre la clé sous la porte. Si les restrictions destinées à endiguer la pandémie de Covid-19 devaient être maintenues, il faut s’attendre à une vague de faillites l’année prochaine, prévient Cafetiersuisse. Par ailleurs, afin de compenser leur manque à gagner, les établissements pourraient sensiblement relever leurs prix.

«Il faut craindre les disparitions des cafés dans l’ensemble de la Suisse», a prévenu le président de la faîtière Hans-Petter Oettli lundi à l’occasion d’une conférence de presse virtuelle. Pour de nombreux restaurateurs, en particulier ceux comptant un nombre restreint de places assises, la situation reste extrêmement tendue en raison des restrictions, a-t-il poursuivi, appelant les politiciens à agir.

«Pas suffisantes»

Les mesures comme l’extension du chômage partiel ou la clause de cas de rigueur sont certes utiles, «mais pas suffisantes». Critiquant le rejet de la loi sur les loyers commerciaux aux deux Chambres fédérales, Hans-Petter Oettli avertit que «le Conseil fédéral et les parlementaires doivent être conscients des conséquences de leurs décisions pour notre industrie».

On ignore actuellement combien de cafetiers sont parvenus à conclure un accord avec leurs bailleurs, mais selon le directeur général de Cafetiersuisse, Julian Graf, 40% des entreprises n’ont pas réussi à s’entendre avec leurs propriétaires, à en croire plusieurs sondages menés dans l’ensemble du secteur de la restauration.

Si des restrictions supplémentaires ne peuvent être évitées pour des raisons épidémiologiques, l’association demande des compensations financières urgentes. «Cela ne touche pas seulement les établissements économiquement instables, mais aussi ceux qui ont eu une gestion plus durable», a fait remarquer Hans-Petter Oettli. Cependant, leurs réserves sont désormais épuisées, avec une vague de faillites à la clé et 100’000 emplois menacés.

Conséquences encore minimes

Cette année, les effets de la crise de coronavirus sont encore limités. Environ 5% des membres ont quitté l’association après avoir dû cesser leur activité, a indiqué Julian Graf, précisant que les raisons des faillites étaient diverses et pas uniquement liées à la crise sanitaire.

Selon l’association, le prix d’un café est susceptible d’augmenter en même temps que la mort présumée de la branche. Si les restrictions sont maintenues, les cafetiers pourraient se voir contraints de relever le prix du «petit noir» de 10% l’année prochaine pour compenser la baisse de leurs ventes, a signalé Hans-Petter Oettli.

Selon un pointage réalisé par la faîtière, le prix de la tasse de café s’est déjà apprécié de trois centimes en 2020. En moyenne, celle-ci coûte 4,25 francs. L’année dernière, il avait pour la première fois reculé du même montant, a rappelé Julian Graf.

Et de souligner que plus des trois quarts du prix de vente servent au paiement des salaires, loyers et frais de matériel. Quelque 10% en moyenne sont consacrés à des à-côtés comme le sucre ou la vaisselle. «Le nombre de cafés vendus doit être très élevé, sans quoi cela peut avoir de graves conséquences pour un établissement», a expliqué Julian Graf.

ATS/NXP