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L’éditorialVague verte et porte-monnaie

La vague verte va-t-elle s’écraser sur le mur de l’argent? C’est la question qui se pose avec le lancement du référendum contre la loi sur le CO2 acceptée par le parlement. Le peuple sera amené à trancher car il y a fort à parier que le comité référendaire réussira à collecter les 50’000 signatures nécessaires.

Pour l’instant la vague verte domine toujours le discours public. L’occupation illégale de la place Fédérale par des activistes a fait les gros titres. À l’intérieur du Palais, la nouvelle loi sur le CO2 a été adoptée comme à la parade. Et lors des élections cantonales, les deux partis verts engrangent les succès à la pelle comme on l’a vu dimanche dans le Jura, en Valais ou en Argovie.

Seulement voilà, l’UDC est fermement décidée à troubler la fête. Mardi elle a sonné la charge en démolissant la nouvelle loi sur le CO2. Pour elle, il ne faut rien changer ou si peu. Le parti mise sur les innovations techniques. Pas question de la moindre incitation ou sanction étatique pour accélérer le tournant énergétique.

«Ceux qui traitent cette opposition à la légère devraient se méfier. La diminution des gaz à effet de serre a un prix et donc un coût pour la population»

Arthur Grosjean

Un combat d’arrière-garde? Ceux qui traitent cette opposition à la légère devraient se méfier. La diminution des gaz à effet de serre a un prix et donc un coût pour la population. C’est dans cette brèche que s’engouffre l’UDC en fustigeant les hausses du prix de l’essence, du billet d’avion et du chauffage. Elle est rejointe sur ce point par la gauche dure lémanique qui craint pour le porte-monnaie des revenus modestes.

Cette alliance de la carpe et du lapin ne fait pas encore une majorité face à une vaste alliance allant du PS au PLR. Mais l’exemple argovien doit inciter à la prudence. Les partis verts y ont été plébiscités dans les urnes dimanche. Un mois plus tôt, une loi pour plus d’efficience énergétique a été refusée par le même corps électoral.

39 commentaires
    Gaston Lagaffe

    Taxes, taxes… les écolos n'ont que ça à la bouche ! Mais qui les paient ?

    Les plus modestes et la classe dite "moyenne", ceux qui sont déjà obligés d'aller habiter loin de leur lieu de travail, car les loyers des logements de ceux qui en sont proches sont beaucoup trop élevés. Et de toutes façons, les logements situés près des lieux de travail sont déjà occupés… par tous les bobos écolos à revenus élevés qui peuvent, eux, se permettre des loyers exorbitants ! En attendant, le travailleur lambda, avec un salaire normal ou peu élevé, est obligé d'aller vivre dans des zones mal, peu ou pas du tout desservies en transports publics, étant du coup obligé d'utiliser sa voiture pour se rendre au travail…

    MM les écolos… pourquoi ne pas faire de l'écologie intelligente en ayant une politique du logement qui permette aussi aux gens ayant un salaire bas ou moyen d'habiter près de leur travail ? Mais non… cela créerait de la mixité sociale dont vous ne voulez pas : vous préférez être entre vous, dans vos ghettos boboïsés…

    Et taxer les billets d'avion ? vous avez pensé aux familles d'immigrés ou bi-nationales, qui en général ne font pas partie des classes aisées, qui ne pourront plus voir leurs familles car le transport aérien deviendrait trop cher ? qui ne pourront plus de temps en temps s'évader d'ici (alors que, vous pourrez toujours vous le permettre…) ?

    Pour moi, écolo = égoïste. Rien de plus.