Votre navigateur est obsolète. Veuillez le mettre à jour avec la dernière version ou passer à un autre navigateur comme ChromeSafariFirefox ou Edge pour éviter les failles de sécurité et garantir les meilleures performances possibles.

Passer au contenu principal

AboSaga rocambolesque
Un divorce d’ultrariches tourne au feuilleton judiciaire

Le couple s’est marié à 2002 à Lens, en Valais. La séparation a eu lieu dix ans plus tard, dans un climat des plus tendus
Abonnez-vous dès maintenant et profitez de la fonction de lecture audio.
BotTalk

Un divorce fait deux pauvres, dit l’adage. Mais chez les couples très fortunés, on entre dans une autre dimension, aux limites de la fiction. Un couple franco-néerlandais domicilié dans un luxueux chalet de Lens (VS) en a fait l’étalage dans d'innombrables arrêts de justice jusqu’en fin d’année dernière. Et l’affaire est gratinée.

Revenons au début de l’idylle. Madame, parisienne d’origine et passionnée d’art, épouse un Hollandais, entrepreneur très fortuné, en 2002 à Lens. Dans ce secteur de la station de Crans Montana, ils font bâtir une cossue bâtisse estimée à 30 millions de francs. Ils sont alors quinquagénaires tous les deux et disposent de nombreux autres biens immobiliers.

Indemnité de cinq millions

Après avoir cédé sa société d’art pour 1 euro symbolique, l’épouse dit dépendre totalement de son mari sur le plan financier. Aussi, dès la rédaction du contrat de mariage effectué sous le régime de la séparation des biens, il est question de sommes colossales. En cas de divorce, Monsieur s’engage à verser une indemnité de 500 000 euros par année de mariage jusqu’à un montant maximal de 5 millions d’euros.

En 2012, les époux se séparent dans un climat des plus tendus. Madame veut garder le logement valaisan pour elle et entend interdire à son ex-conjoint de s’en approcher, tout en exigeant de lui de s’acquitter des charges. Elle réclame par ailleurs une contribution de 150 000 francs par mois pour maintenir son train de vie, qu’elle ajuste par la suite à très précisément 65 151 francs. Jusqu’en 2016, la bataille remontera quatre fois jusqu’au Tribunal fédéral. L’épouse verra la majorité de ses prétentions, jugées excessives, rejetées.

Les juges l’autorisent à rester dans le logement jusqu’au divorce et lui octroient une contribution mensuelle de 35 000 francs jusqu’à ce que le mari verse les 5 millions d’indemnités prévues dans le contrat. Il s’en acquittera au divorce, début 2016, rappelant au passage que l’entretien de son épouse lui a coûté la coquette somme de… 19 millions de francs.

L’affaire ne s’arrête pas là. Invoquant une convalescence suite à une hospitalisation à Paris d’où elle est rapatriée en ambulance, l’épouse ne donne pas suite aux injonctions de quitter les lieux et n’expédie les clés qu’en octobre de la même année.

Le chalet se vide discrètement

Entre-temps, le mari fait surveiller le chalet par une entreprise de sécurité privée. Et alors que la majorité des biens doivent, selon le contrat, revenir à Monsieur, le chalet se vide.

La conjointe a en effet secrètement loué un entrepôt et dix-sept trajets d’un véhicule avec remorque sont effectués. Le sexagénaire hollandais comprend que des objets lui appartenant ont été dérobés et en estime la valeur à 1,7 million d’euros. Il poursuit donc au pénal son ex-épouse pour vol. Elle passera deux jours de détention en milieu hospitalier.

Parmi le matériel retrouvé par la police dans le local loué par Madame, on trouve une quantité d'œuvres d’art dont des statuettes en bronze – certaines seront reconnues comme étant des cadeaux – mais aussi un rameur et un appareil de musculation, que l’épouse prétend avoir jetés suite à un dégât d’eau sans toutefois pouvoir présenter de déclaration à l’assurance.

On note aussi des photos originales des Beatles, valant de 3000 à 9000 francs, que le fils de l’ex-épouse avait postées sur Instagram après la séparation. On compte encore 500 bouteilles de vin dont des premiers crus de Bourgogne valant des milliers de francs. Elle a enfin liquidé sur un site de vente en ligne, pour 7000 francs, la nettoyeuse à trois roues du tunnel d’accès privé du chalet dont la valeur dépassait 15 000 francs.

Des œuvres d’art revendues

Du faste des collections d’art au bradage d’une balayeuse-aspirateur sur Ricardo, voilà la trajectoire d’un luxueux mariage gâché. Mais ce qui a l’air d’avoir vraiment fait fulminer son très riche mari, c’est de tomber sur des statuettes «Doggy John» de l’artiste parisien Julien Marinetti – dont Madame avait été une mécène avant de se brouiller avec lui – en vente, en 2015, dans une boutique de la station. Des statuettes qu’il avait lui-même acquises cinq ans auparavant. Le gérant lui a confirmé plus tard que c’était bien son ex-femme qui les lui avait revendues pour environ 20 000 francs.

Les déclarations contradictoires et peu convaincantes de l’amatrice d’art conduisent la justice à penser qu’elle avait agi à dessein d’enrichissement illégitime. Dans un ultime jugement confirmé par le TF, elle a écopé de 180 jours-amende avec sursis de quatre ans mais aussi de dizaines de milliers de francs en frais et autres indemnités en faveur de son ex-mari.

Fortune dilapidée?

La Parisienne d’origine tente bien de faire valoir qu’elle s’était approprié ces objets pour subvenir à son train de vie, elle qui dit ne percevoir plus qu’une modeste rente AVS de moins de 1000 francs. Elle aurait également déjà dilapidé les 5 millions d’indemnités versés par son ex-époux, ce dont les juges valaisans doutent sérieusement. «Tout porte ainsi à croire qu’elle a mis une partie de sa fortune à l’abri de ses créanciers», écrit la Cour cantonale. Pour le meilleur, et pour le pire.

Newsletter
«Dernières nouvelles»
Vous voulez rester au top de l’info? «24 heures» vous propose deux rendez-vous par jour, directement dans votre boîte e-mail. Pour ne rien rater de ce qui se passe dans votre Canton, en Suisse ou dans le monde.

Autres newsletters