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Acteurs et entreprises culturelsVaud a déjà versé la moitié de sa cagnotte à la foule de ses demandeurs

Nanti de 39 millions de francs, le «fonds Covid» a réparti une première enveloppe de 18 millions d’aide d’urgence et d’indemnisation jusqu’à fin juillet. La seconde couvrira les dommages d’ici fin octobre.

Parmi les grandes manifestations ayant reçu une réponse positive à leur demande, le Montreux Jazz Festival (ici Slash en 2019) a obtenu le 80% d’un dommage évalué à 4,5 millions de francs.
Parmi les grandes manifestations ayant reçu une réponse positive à leur demande, le Montreux Jazz Festival (ici Slash en 2019) a obtenu le 80% d’un dommage évalué à 4,5 millions de francs.
KEYSTONE

À crise unique, réponses inédites. «On n’a connu que des cas particuliers» prévenait lundi Nicole Minder, cheffe du Service des affaires culturelles (SERAC), à l’heure de détailler la première salve d’aides financières apportées par le Canton de Vaud à ses acteurs et entreprises frappés par la crise. Soit «un tsunami» de plus de 500 demandes d’aide d’urgence et d’indemnisation jusqu’à fin juillet dernier, en réponse à l’arrêt brutal des activités du secteur culturel quatre mois plus tôt. Le Canton avait à charge de recueillir et d’analyser les dossiers, puis de répartir le fonds ad hoc de 39 millions de francs.

Sur cette cagnotte, 18 millions ont déjà été versés, révélaient hier le SERAC et sa ministre de tutelle, Cesla Amarelle. Ce qui représente 70% de réponses favorables apportées aux acteurs individuels (35% des demandes) et aux entreprises culturelles (65%). À relever que trois quarts des dossiers provenaient des arts de la scène et de la musique.

Le détail des sommes reçues n’a pas été fourni, mais les grands écarts ont été aussi larges que la population en péril est diverse, du musicien local réclamant «404 francs» en passant par Polymanga, «sauvé d’une mort certaine», jusqu’aux manifestations majeures telles le Montreux Jazz, obtenant 80% des coûts que représente une «édition blanche» – soit 3,45 millions de francs sur un dommage évalué à 4,5 millions de francs.

Un «dispositif complexe»

Les refus ont été motivés par l’inadéquation avec les critères de l’ordonnance fédérale - par exemple, pour les acteurs culturels, de pouvoir justifier de 50% de leurs revenus par l’exercice de leur activité. Cesla Amarelle a confessé un «dispositif complexe» qui a dû se mettre en place dans l’urgence, pour des musiciens dénués de statut professionnel et habitués à un système simple de subventionnement. «Beaucoup ont ensuite trouvé un soutien grâce à l’obtention des RHT, ce qui a fait baisser les fortes demandes initiales.»

La suite? Les 21 millions restant seront tout ou partie utilisés pour répondre aux demandes d’indemnisation courant jusqu’à fin octobre 2020. Les dossiers doivent être adressés jusqu’au 20 septembre au SERAC. Et dès le 1er novembre? Rien de précis, raison de la grande crainte du secteur dont Cesla Amarelle reçoit les divers représentants depuis plusieurs jours.

Discutée au Parlement, la «loi Covid» dira si de nouvelles réserves seront créées pour alimenter de futures indemnisations. Dans l’immédiat, une annonce précisant la mise en application de la nouvelle ordonnance fédérale sur les manifestations de plus de 1000 personnes (ou d’autres nouvelles plus restrictives?) sera faite en conférence de presse mardi 15 septembre.