Boutique de seconde mainElle «égarait» les Vuitton et autre Cartier qu’on lui confiait
La gérante d’un magasin vaudois a été condamnée pour abus de confiance après la plainte de clientes qui n’avaient jamais été payées pour les objets de luxe déposés.

Se faire un peu d’argent en revendant les vieilleries qui s’accumulent dans nos armoires, c’est possible sur internet. Quand il s’agit d’objets de luxe, beaucoup préfèrent passer par des boutiques de seconde main qui ont pignon sur rue. C’est plus sûr en ces temps où les arnaques sur le web explosent dans le canton de Vaud. Sauf que dans cette petite enseigne vaudoise, la gérante avait la fâcheuse habitude d’égarer les Vuitton et autres Cartier qu’on lui confiait. Elle vient d’être condamnée.
Un dégât des eaux
Maroquinerie, bijouterie, joaillerie, horlogerie et autres accessoires griffés, la quinquagénaire promettait de revendre vos objets de luxe, contre une commission de 30%. La première cliente à avoir déposé une plainte lui avait remis un sac à main Louis Vuitton et une pochette Cartier, toujours dans son carton d’origine. C’était en septembre 2021. Une année plus tard, la gérante l’informait que son sac avait été volé. Pire: un dégât des eaux avait malencontreusement endommagé le carton de sa pochette Cartier, ainsi que la pochette elle-même. La cliente n’a jamais été remboursée.
En décembre 2021, une autre cliente lui a confié un sac à main Louis Vuitton, modèle Mirabeau GM en cuir épi noir d’une valeur de 1690 euros. Sans nouvelles de la gérante, la dame était retournée dans ce magasin de seconde main au printemps 2023 pour constater que la boutique n’existait plus. Elle n’a jamais récupéré son Vuitton. Elle a porté plainte.
Une bague en saphir et diamants
L’ordonnance pénale rendue par le Ministère public de l’arrondissement de Lausanne fait état de deux autres victimes. Une femme, qui avait déposé son sac à main Zadig & Voltaire fin 2022 et qui, au printemps suivant, avait été informé par la gérante que son objet avait tout simplement été donné. Elle ne récupérera jamais son sac.
Il y a aussi l’histoire d’un homme qui avait confié à cette gérante une bague en saphir et diamants d’une valeur de 850 francs, ainsi qu’une paire de boutons de manchette en vue de la revente. Informé de la fermeture prochaine du magasin de seconde main, le client était venu reprendre ses biens. En vain: la gérante lui avait annoncé qu’ils avaient été vendus, mais il ne verra jamais la couleur de son argent.
La gérante a été reconnue coupable d’abus de confiance. Le procureur l’a condamnée à une peine financière ferme de 3600 francs. Elle devra également s’acquitter des frais de procédure d’un montant de 200 francs. Les victimes sont quant à elles invitées à agir devant le juge civil pour d’éventuelles prétentions civiles.
Vous avez trouvé une erreur?Merci de nous la signaler.

















