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L’invitéeVaud innove en matière de transparence en politique

Christelle Luisier Brodard se réjouit que la révision de la loi vaudoise sur l’exercice des droits politiques mette un terme à l’opacité financière.

La démocratie repose sur la confiance. Cette affirmation peut sembler simple et pourtant je suis convaincue qu’elle fonde notre système politique. De fait, une élection n’est rien d’autre qu’un contrat de confiance instauré entre la population et un·e élu·e. Ce lien est, bien entendu, créé par les candidat·e·s, mais relève aussi du fonctionnement de nos institutions.

La révision de la loi sur l’exercice des droits politiques (LEDP) présentée le 4 février dernier est une formidable occasion de renforcer notre démocratie en introduisant un nouveau principe fondamental: la transparence du financement de la vie publique. Ces nouvelles dispositions permettront à chacune et chacun d’avoir une vision claire sur les modalités de financement des différents acteurs politiques vaudois. Elles permettront ainsi de remplacer certains préjugés ou fantasmes par des faits établis. À ce titre, Vaud rejoint les cantons les plus avancés sur cette thématique.

«Les dons anonymes ne seront plus autorisés, car ils empêchent la traçabilité.»

Concrètement, le projet prévoit que les partis politiques actifs au niveau cantonal ou dans les villes de plus de 10’000 habitants publient leurs comptes annuels et de campagnes ainsi que les dons importants financiers ou en nature qu’ils reçoivent (dès 3000 francs pour une personne morale; dès 5000 francs pour une personne physique). Les dons anonymes ne seront plus autorisés, car ils empêchent la traçabilité.

Cela nécessitera, j’en suis bien consciente, quelques démarches administratives supplémentaires pour les différentes organisations politiques de notre canton. Cependant, je crois que le jeu en vaut la chandelle, que cet effort supplémentaire se justifie par l’apport que représente la transparence. Elle était d’ailleurs demandée depuis longtemps par de nombreux milieux.

Tel que proposé, ce dispositif ne s’adresse pas uniquement aux partis politiques, mais il concerne également les candidats pour les dons et toute organisation prenant part de manière significative à une campagne. Ainsi, des entités aussi variées que des comités de soutien, des syndicats, des ONG ou des associations de tous domaines seront concernées.

Évolution de la vie politique

Ce dispositif répond à l’évolution des campagnes dans notre pays qui voit s’affronter des acteurs toujours plus divers en fonction de l’élection ou de la thématique d’une votation. La révision de la loi proposée se conforme donc à cette nouvelle réalité de la vie politique.

Cette évolution de nos institutions est essentielle. En effet, dans un pays libre comme le nôtre, la démocratie nous paraît aller de soi. Pourtant, à l’instar d’un édifice à la charpente solide, elle doit être entretenue pour résister aux assauts du temps et de l’habitude. Cette révision de loi nous en donne l’occasion; saisissons-la!