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ChroniqueVaud, le mouton noir des Alémaniques

On connaissait le péril rouge et le péril jaune. Voici le péril vert et blanc. Chacun aura reconnu les couleurs du drapeau vaudois. Désormais la menace vient de l’ouest et elle est intérieure. Car, sachez-le: «Un canton (soit Vaud) met la Suisse en danger». Le titre est celui d’un éditorial qui, par la grâce des regroupements des titres Tamedia, a paru dans les plus grands journaux alémaniques, comme le «Tages-Anzeiger» à Zurich, le «Bund» à Berne ou la «Basler Zeitung» à Bâle. Le «Blick», premier tirage de suisse, n’est pas en reste en titrant «Corona-alerte dans le canton de Vaud. Échec ou deuxième vague?»

Je n’aimerais paniquer personne. Mais sachez, chers Genevois, que vous vivez à côté d’une bombe dégoupillée. Cela fait deux cent cinq ans qu’on partage le lac (de Genève) ainsi que notre seule frontière terrestre intérieure avec les Vaudois. Et voilà qu’on apprend par les Alémaniques, un comble, que nos sympathiques cousins ne sont rien d’autre que des «super spreaders», ou «superpropagateurs», comme on les appelle outre-Sarine. Deux cents nouveaux cas de coronavirus pour 100’000 habitants sur quatorze jours, quasi le double de Genève et environ quatre fois plus que Zurich.

En gros, amis genevois, vous avez le choix entre vous terrer chez vous en attendant que la vague passe ou de déménager en France (voisine), pays quasi entièrement en zone rouge, mais toujours plus fréquentable que Vaud.

Mais que nous disent ces articles sur le fond? Les autorités vaudoises auraient été négligentes. Elles ont réagi trop tard. Elles n’ont pas pris de mesures assez drastiques pour stopper la propagation du virus. Pour le coup, c’est Genève, ex-calamité virale de Suisse, qui est citée en exemple. Et les éditorialistes d’expliquer que, si le coronavirus flambe à Lausanne, demain c’est Zurich qui sera contaminé. Ils appellent Vaud à la responsabilité et à la solidarité: au nom de tous les Suisses, stoppez-nous ce virus! Les Vaudois sont enfin accusés de privilégier leur santé économique plutôt que la santé publique. Spectaculaire inversion en vérité. Ne sont-ce pas ces mêmes médias alémaniques qui, en avril dernier, exigeaient un déconfinement au pas de charge? Un millier de morts ne peuvent justifier de mettre l’économie à l’arrêt, proféraient-ils à l’époque.

En lançant son «alerte», «Blick» a soumis ses hypothèses sur les gravissimes manquements vaudois à un épidémiologiste bâlois. Pas une seule n’a convaincu l’expert, qui insiste une fois encore sur la complexité des phénomènes de propagation. Il est vrai que le rôle de mouton noir de la lutte antivirus est en redistribution fréquente. Ainsi, Zurich a connu sa poussée de fièvre au début de l’été, puis ce fut Genève, inscrite sur la liste rouge des Belges, et aujourd’hui le supercancre est vaudois. Qui sera le prochain?

Au final, de toutes les pistes sur la flambée vaudoise, il y en a une qui sort du lot. Avec la fermeture des discothèques en France, en mai déjà, les fêtards voisins sont venus égayer les clubs genevois. Ces derniers ayant fermé le 1eraoût, les fondus de dance se sont rabattus sur Lausanne dans un joyeux et dense méli-mélo. Mais ne jetons pas la pierre aux clubbers. Ils ne sont de loin pas seuls en cause.

La chasse aux mouton et canton noirs, avec mise au pilori, est un sport divertissant mais également fort contre-productif. On ne réglera pas la crise avec des boucs émissaires.

13 commentaires
    tete

    Tout bien réfléchis c est vrai que c est un Canton enlaidit, pauvre, sale, chaotique, infecté, décadent, mal gouverné , soviétique pour certain aspect, surpeuplé, bouchonné, cher, bruyant, toxique, tout particulièrement son chef lieu Lausanne